Chiffres des accidents du travail 2025 : ce que le bilan dit de vos risques
L'Assurance Maladie a publié en octobre 2026 les chiffres des accidents du travail 2025 : une fréquence stable, mais 783 décès, un nombre en hausse chaque année depuis 2021. Voici les chiffres officiels, les causes, les secteurs les plus touchés, et ce qu'ils signifient pour le DUERP d'une TPE.
Actualité · Publié le 30 octobre 2026 · 10 min de lecture
Le bilan 2025 en bref
- 551 225 accidents du travail avec arrêt ou incapacité permanente en 2025 (+ 0,3 %) : la fréquence reste à 26,4 pour 1 000 salariés.
- 783 décès après un accident du travail, contre 764 en 2024 et 645 en 2021.
- Plus de la moitié de ces décès sont des malaises ; un quart seulement a une origine professionnelle identifiée, comme une chute.
- Manutention manuelle, chutes de plain-pied, chutes de hauteur et outillage à main causent plus de huit accidents sur dix parmi ceux dont le risque est connu.
- Services II (intérim, santé, action sociale, nettoyage), BTP et transports ont les fréquences les plus élevées.
- Maladies professionnelles : 52 187 cas (+ 3,1 %), dont près de 90 % de troubles musculosquelettiques.
- Un quart des décès survient dans la première année au poste : l'accueil des nouveaux salariés a sa place dans le DUERP.
Accidents du travail en 2025 : les chiffres officiels
Le 13 octobre 2026, l'Assurance Maladie a diffusé les chiffres 2025 de sa branche Risques professionnels, puis son rapport annuel complet. Ils portent sur environ 20,9 millions de salariés du régime général et un peu plus de 2,4 millions d'établissements.
En nombre, les accidents du travail bougent peu : 551 225 avec arrêt ou incapacité permanente, soit 1 611 de plus qu'en 2024. Rapportée aux effectifs, la fréquence est stable à 26,4 accidents pour 1 000 salariés. Elle valait 33,5 en 2019, avant la crise sanitaire.
- Accidents du travail avec arrêt ou incapacité permanente551 225+ 0,3 %
- Indice de fréquence (accidents pour 1 000 salariés)26,4stable
- Décès après un accident du travail783+ 19
- Journées d'arrêt après un accident du travail57,9 millions+ 7,2 %
- Accidents de trajet96 306+ 1,7 %
- Décès après un accident de trajet344+ 26
- Maladies professionnelles52 187+ 3,1 %
- Décès au titre d'une maladie professionnelle204– 11
Sinistres reconnus ayant entraîné un arrêt de travail ou une incapacité permanente. Source : rapport annuel 2025, tableaux 6, 14 et 21.
Les arrêts, eux, s'allongent : 57,9 millions de journées d'arrêt après un accident du travail, 7,2 % de plus qu'en 2024. Côté finances, les indemnités journalières de la branche, maladies professionnelles comprises, atteignent 5,4 milliards d'euros et deviennent pour la deuxième année le premier poste de dépenses de la branche, déficitaire de 182,2 millions d'euros après douze années d'excédents.
Leur calcul change d'ailleurs pour les sinistres survenus à compter du 1er novembre 2026 (décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026). Le détail figure dans notre article accident du travail 2027 : ce qui change.
Accidents du travail mortels en France : 783 décès en 2025
Le rapport compte 783 décès reconnus après un accident du travail, survenus avant la consolidation de l'état de la victime. C'est 19 de plus qu'en 2024. La série monte chaque année depuis 2021 : 645, 738, 759, 764, puis 783. Une rupture dans les données de 2022, signalée par le rapport, invite toutefois à comparer 2021 et 2022 avec prudence.
Ces décès ressemblent peu à l'image d'un accident mortel. Seuls 24 % ont une origine professionnelle identifiée, comme une chute ou une manutention. Plus de la moitié sont des malaises, dans la grande majorité des morts subites cardiaques selon l'INRS.
- Malaises, hors accidents de la route45758 %
- Origine professionnelle identifiée (chute, manutention…)18624 %
- Accidents de la route pendant le travail, dont 24 malaises au volant8811 %
- Suicides496 %
- Décès non codés30,4 %
Autre constat : un décès sur quatre survient dans l'année qui suit la prise de poste, soit au moins 190 en 2025. Plus de 30 ont eu lieu dans la première semaine, plus de 50 dans le premier mois. Ces chiffres plaident pour un accueil sérieux des nouveaux salariés, intérimaires compris.
Un malaise survenu au travail est-il un accident du travail, et comment le prévenir ? Nous y consacrons un article : malaise au travail et accident du travail.
Quelles sont les causes des accidents du travail en 2025 ?
Les accidents reconnus d'au moins quatre jours d'arrêt sont codés selon une méthode européenne : ce que faisait la victime, ce qui a dysfonctionné, l'objet en cause. En 2025, 72 % des accidents avec au moins quatre jours d'arrêt ont ainsi un risque identifié. La hiérarchie ne change pas d'une année sur l'autre.
- Manutention manuelleAccidents : 51 %Décès : 26 %
- Chutes de plain-piedAccidents : 14 %Décès : 7 %
- Chutes de hauteurAccidents : 11 %Décès : 10 %
- Outillage à mainAccidents : 8 %Décès : 0,3 %
- Agressions, y compris par des animauxAccidents : 6 %Décès : 3 %
- Risque routierAccidents : 3 %Décès : 19 %
Parts calculées sur les seuls cas dont le risque est identifié : 72 % des accidents avec au moins quatre jours d'arrêt, 45 % des décès. Source : rapport annuel 2025, tableau 9.
Lisez les deux colonnes ensemble. La manutention manuelle fait la moitié des accidents, et presque autant des journées d'arrêt (47 %). Le risque routier pèse peu en nombre, mais près d'un décès sur cinq parmi ceux dont la cause est connue. Quant à l'outillage à main, il blesse souvent et tue rarement.
Chaque ligne du tableau renvoie à sa fiche risque, avec les mesures de prévention à reporter dans votre plan d'actions.
Accidents du travail par secteur : où le risque est le plus fréquent
L'Assurance Maladie classe les entreprises en neuf comités techniques nationaux (CTN), un par grande branche d'activité. Ci-dessous, ils sont rangés par indice de fréquence, c'est-à-dire par nombre d'accidents pour 1 000 salariés, avec les modèles de DUERP des métiers concernés.
- Services II : intérim, santé, action sociale, nettoyageFréquence : 40,7Accidents : 158 963Décès : 130
Modèles : aide à domicile, Ehpad, nettoyage
- Bâtiment et travaux publicsFréquence : 37,0Accidents : 69 662Décès : 151
Modèles : BTP, maçonnerie, couverture
- Transports, eau, gaz, électricité, livre et communicationFréquence : 36,6Accidents : 84 988Décès : 186
Modèles : transport routier, taxi et VTC
- Bois, papier, textile, cuirs, pierres et terres à feuFréquence : 32,9Accidents : 13 907Décès : 28
- Commerces, services et industries de l'alimentationFréquence : 32,8Accidents : 95 578Décès : 87
Modèles : restaurant, boulangerie
- MétallurgieFréquence : 22,0Accidents : 39 289Décès : 55
- Chimie, caoutchouc, plasturgieFréquence : 18,5Accidents : 7 963Décès : 14
- Commerces non alimentairesFréquence : 18,0Accidents : 42 303Décès : 58
- Services I : banques, assurances, administrationsFréquence : 7,9Accidents : 38 572Décès : 74
Fréquence : accidents en premier règlement pour 1 000 salariés. Source : rapport annuel 2025, tableaux 10 et 11.
Les services II arrivent en tête depuis 2023, avec 40,7 accidents pour 1 000 salariés. Viennent ensuite le BTP, puis les transports, qui comptent le plus de décès. À l'autre bout, les activités de bureau des services I restent sous 8.
Ces moyennes masquent l'intérim. Plus de 700 000 intérimaires ont eu plus de 34 000 accidents en 2025, soit plus de 6 % du total, et 27 % de ces accidents ont lieu dans le BTP. Depuis 2024, leur coût est partagé à parts égales entre l'entreprise de travail temporaire et l'entreprise utilisatrice : voir l'intérim dans le DUERP de l'entreprise utilisatrice.
Autre population exposée, les moins de 25 ans. Ils représentent 11 % des salariés, mais 16 % des accidents du travail et 23 % des accidents de trajet. Pour un apprenti, la liste des travaux interdits s'ajoute à l'évaluation : embaucher un apprenti et le DUERP.
Les fiches détaillées par secteur (victimes, causes, lésions) sont en ligne sur le site de l'Assurance Maladie jusqu'à l'année 2024. Le communiqué du 13 octobre 2026 annonce une mise à jour des données en fin d'année sur l'espace Data risques professionnels.
Maladies professionnelles et accidents de trajet : ce qui progresse
Les maladies professionnelles reconnues atteignent 52 187 cas en 2025, leur plus haut niveau depuis cinq ans. Près de 90 % sont des troubles musculosquelettiques, dont 42 491 au titre du seul tableau 57 (épaule, coude, poignet, genou).
Côté psychique, la hausse est plus rapide : 1 971 maladies professionnelles reconnues en 2025, contre 840 en 2020. Les accidents du travail liés à une affection psychique ou à un contexte de risques psychosociaux augmentent de 24 %, à 35 500. Le rapport recense aussi 49 suicides reconnus comme accidents du travail, contre 28 en 2024.
Sur la route du travail, 96 306 accidents de trajet ont été reconnus (+ 1,7 %), et 344 personnes en sont mortes, dont 261 dans un accident de la circulation. L'employeur n'a pas la main sur le trajet, mais il l'a sur les horaires et les déplacements qu'il impose : voir accident de trajet, ce que doit faire l'employeur.
Ce que ces chiffres changent dans votre DUERP
Une statistique nationale ne remplace pas l'évaluation de vos postes. Elle sert de liste de contrôle : si un risque qui fait des milliers d'accidents par an manque à votre document, c'est le document qui a un trou. Rappel du cadre : le DUERP est obligatoire dès le premier salarié (articles L.4121-3-1 et R.4121-1 du Code du travail).
- 1
Coter d'abord les quatre risques qui dominent
Manutention, chutes de plain-pied, chutes de hauteur, outillage à main : ils font plus de huit accidents sur dix parmi ceux dont la cause est connue. Chaque unité de travail concernée doit les faire apparaître, avec une cotation et des mesures datées.
- 2
Préparer l'arrivée des nouveaux
Un quart des décès survient dans la première année au poste. Accueil, formation à la sécurité, tutorat : décrivez-les dans le plan d'actions, pour les CDD, les apprentis et les intérimaires aussi.
- 3
Évaluer la route comme un risque à part entière
Peu d'accidents, beaucoup de décès. Livraisons, chantiers, rendez-vous chez les clients : dès qu'un salarié conduit pour le travail, le risque routier entre dans le document.
- 4
Organiser les secours
Les malaises font plus de la moitié des décès. Chaleur, efforts, horaires de nuit, travail isolé : ces facteurs s'évaluent, et la réponse au malaise (secouriste, alerte, défibrillateur) se prépare avant.
- 5
Inscrire les risques psychosociaux
Charge de travail, tensions avec le public, isolement : la hausse des affections psychiques reconnues rappelle qu'ils font partie de l'évaluation, quelle que soit la taille de l'entreprise.
Le document vit ensuite avec l'entreprise : mise à jour au moins chaque année à partir de 11 salariés, et après tout aménagement important ou toute information nouvelle sur un risque, comme un accident (article R.4121-2). Après un accident, la démarche est détaillée dans DUERP et accident du travail.
Pour la méthode, voir le guide complet du DUERP et notre article sur la cotation gravité × fréquence.
Partir des risques de votre métier, pas d'une page blanche
Les chiffres nationaux disent quels risques chercher. Reste à les traduire en unités de travail, en cotations et en actions datées, poste par poste.
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Chiffres des accidents du travail 2025 : vos questions
Les réponses courtes, tirées du rapport annuel de l'Assurance Maladie.
Combien d'accidents du travail mortels en France en 2025 ?
Selon le rapport annuel 2025 de l'Assurance Maladie, branche Risques professionnels, 783 salariés sont décédés après un accident du travail, contre 764 en 2024. S'y ajoutent 344 décès après un accident de trajet et 204 au titre d'une maladie professionnelle, soit 1 331 au total.
Les accidents du travail augmentent-ils en 2025 ?
À peine. Avec 551 225 accidents avec arrêt ou incapacité permanente, la hausse est de 0,3 %, au rythme des effectifs : l'indice de fréquence reste à 26,4 pour 1 000 salariés. Ce sont les décès et les journées d'arrêt qui progressent.
Quel secteur compte le plus d'accidents du travail ?
Les services II (intérim, santé, action sociale, nettoyage) : 158 963 accidents et la fréquence la plus élevée, 40,7 pour 1 000 salariés. Viennent ensuite le BTP (37,0) puis les transports (36,6), qui comptent le plus de décès, 186 en 2025.
Quelle est la première cause d'accident du travail ?
La manutention manuelle, à l'origine de 51 % des accidents dont le risque est identifié. Suivent les chutes de plain-pied (14 %), les chutes de hauteur (11 %) et l'outillage à main (8 %).
Ces chiffres concernent-ils tous les travailleurs ?
Non. Ils couvrent les salariés du régime général, soit environ 20,9 millions de personnes en 2025. Les salariés agricoles, affiliés à la MSA, n'y figurent pas.
Que faire de ces chiffres dans mon DUERP ?
Servez-vous-en comme d'une liste de contrôle : manutention, chutes, outillage, route, organisation des secours. Votre évaluation part toutefois de vos propres postes, et le document se met à jour après tout accident qui apporte une information nouvelle (article R.4121-2 du Code du travail).
Références utilisées
- Assurance Maladie · Communiqué du 13 octobre 2026
Les principaux chiffres de la branche AT/MP en 2025 : sinistres, décès, jeunes, finances.
- Assurance Maladie · Rapport annuel 2025 Risques professionnels
Tableaux 6 et 7 (accidents et décès), 9 (causes), 10 à 12 (secteurs, intérim), 14 (trajet), 21 à 23 (maladies professionnelles).
- Assurance Maladie · Fiches de sinistralité par secteur (CTN)
Victimes, causes et lésions par secteur, publiées jusqu'à l'année 2024.
- INRS · Malaises mortels au travail
Profil des victimes, morts subites cardiaques et pistes de prévention.
- Code du travail · Article R.4121-1
Inventaire des risques par unité de travail dans le document unique.
- Code du travail · Article R.4121-2
Cas de mise à jour du document unique.
Dernière vérification des références : 30 octobre 2026. Périmètre : salariés du régime général, sinistres reconnus en 2025.
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