Maladie professionnelle tableau 57 : ce qui change au 30 septembre 2026
Le tableau 57 regroupe les troubles musculo-squelettiques de l'épaule, du coude, du poignet, du genou et de la cheville. Depuis le 30 septembre 2026, il n'exige plus d'IRM, d'échographie ni d'électromyogramme pour établir le diagnostic.
Actualité · Publié le 30 septembre 2026 · 8 min de lecture
Le tableau 57 en bref
- Le tableau 57 couvre l'épaule, le coude, le poignet et la main, le genou, la cheville et le pied.
- Depuis le 30 septembre 2026, il n'impose plus d'IRM, d'échographie ni d'électromyogramme (décret n° 2026-901).
- Un examen reste demandé quand le diagnostic l'exige, selon les recommandations de la Haute Autorité de santé.
- Délais de prise en charge, durées d'exposition et listes de travaux restent inchangés.
- Seuls les dossiers dont le certificat médical initial date du 30 septembre 2026 ou après sont concernés.
- Côté employeur : coter dans le DUERP les gestes et postures que décrit le tableau.
Que couvre le tableau 57 ?
Son intitulé officiel : « Affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail ». Créé en 1972, il a été révisé à plusieurs reprises, la dernière fois en 2017, avant la retouche de septembre 2026.
Chaque ligne associe trois éléments : une maladie désignée, un délai de prise en charge et une liste limitative de travaux. Quand un salarié remplit les trois conditions, la maladie est présumée d'origine professionnelle (article L.461-1 du Code de la sécurité sociale). Il n'a pas à prouver le lien avec son travail.
A · Épaule
Tendinopathies de la coiffe des rotateurs, aiguës ou chroniques, et rupture partielle ou transfixiante de la coiffe.
B · Coude
Tendinopathies d'insertion des muscles épicondyliens et épitrochléens, hygromas, compression du nerf ulnaire.
C · Poignet et main
Tendinite, ténosynovite, syndrome du canal carpien, syndrome de la loge de Guyon.
D · Genou
Compression du nerf fibulaire commun, hygromas, tendinopathies du quadriceps et de la patte d'oie, syndrome de la bandelette ilio-tibiale.
E · Cheville et pied
Tendinite d'Achille.
Ce que le décret du 24 septembre 2026 supprime
Jusqu'au 29 septembre, plusieurs lignes du tableau imposaient un examen précis. Une tendinopathie chronique de l'épaule devait être « objectivée par IRM ». Faute de cet examen, la condition médicale n'était pas remplie, même si le diagnostic ne faisait pas de doute.
Le décret n° 2026-901 du 24 septembre 2026, publié au Journal officiel du 29 septembre, retouche 41 tableaux du régime général pour en retirer ces exigences. Pour le tableau 57, quatre parties sont touchées.
Épaule
« Objectivée par IRM » pour la tendinopathie chronique et la rupture de la coiffe, ainsi que le recours à l'arthroscanner en cas de contre-indication.
Coude
« Confirmé par électroneuromyographie (EMG) » pour le syndrome canalaire du nerf ulnaire.
Genou
« Objectivée par ENMG » pour la compression du nerf fibulaire, « objectivée par échographie » pour les tendinopathies et la bandelette ilio-tibiale.
Cheville
« Objectivée par échographie », IRM le cas échéant, pour la tendinite d'Achille.
Le texte ne supprime pas l'examen médical, il supprime l'examen imposé. Un second décret du même jour, n° 2026-900, réécrit l'article R.461-9 du Code de la sécurité sociale : les examens complémentaires sont ceux nécessaires pour établir le diagnostic, conformes aux recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de santé ou des sociétés savantes.
Concrètement, un diagnostic posé par un examen adapté, mais différent de celui que citait le tableau, ne suffit plus à écarter un dossier. La réforme découle de l'article 95 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026.
Une règle réservée aux nouveaux dossiers
Le décret vise les procédures dont le certificat médical initial est établi à compter du 30 septembre 2026 (article 3). Un dossier ouvert avant cette date reste instruit selon l'ancienne rédaction du tableau.
Ce qui ne change pas : délais, durées, travaux
Le reste du tableau demeure à l'identique. Pour l'épaule, les conditions d'exposition sont chiffrées, et ce sont elles qui intéressent l'employeur : elles décrivent des situations de travail mesurables.
Tendinopathie aiguë de la coiffe des rotateurs
- Délai de prise en charge
- 30 jours
- Travaux visés
- Bras décollé du corps sans soutien, à 60° ou plus, au moins 3 h 30 par jour en cumulé.
Tendinopathie chronique de la coiffe
- Délai de prise en charge
- 6 mois, sous réserve de 6 mois d'exposition
- Travaux visés
- À 60° ou plus au moins 2 heures par jour, ou à 90° ou plus au moins 1 heure par jour, en cumulé.
Rupture partielle ou transfixiante de la coiffe
- Délai de prise en charge
- 1 an, sous réserve d'un an d'exposition
- Travaux visés
- Mêmes seuils que pour la tendinopathie chronique.
Les autres parties suivent la même logique, avec des délais plus courts : 7 jours pour une tendinite de la main, 14 jours pour une tendinopathie du coude ou du genou, 90 jours pour une compression nerveuse au coude ou au genou.
Si une condition manque, le dossier n'est pas perdu. Il part devant le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP), qui recherche si la maladie est directement causée par le travail habituel. Notre article sur la réforme des maladies professionnelles détaille ce qui change pour ce comité au 1er janvier 2027.
Pour l'employeur : moins de refus pour une question d'examen
L'effet attendu est simple : moins de dossiers écartés faute du bon examen. La conséquence financière dépend de votre effectif. Sous 20 salariés, votre taux de cotisation accidents du travail et maladies professionnelles est collectif, fixé pour votre secteur. Il devient mixte de 20 à 149 salariés, puis individuel à partir de 150 : chaque maladie reconnue pèse alors sur votre propre taux.
La procédure garde son calendrier. Pendant l'instruction, la caisse adresse un questionnaire à l'employeur, qui dispose de 30 jours pour le retourner, puis ouvre le dossier à la consultation avant de statuer dans un délai de 120 jours (article R.461-9 du Code de la sécurité sociale). Ce délai démarre quand le médecin-conseil dispose des examens nécessaires au diagnostic, point de départ que le décret n° 2026-900 a réécrit.
Votre réponse au questionnaire repose sur vos écrits : postes décrits, durées d'exposition, mesures de prévention datées. C'est précisément ce que contient un DUERP tenu à jour.
Évaluer les gestes du tableau 57 dans votre DUERP
Le tableau fournit une grille de lecture toute faite. Ses travaux visés sont des situations que vous pouvez repérer dans chaque unité de travail, puis coter.
- Bras levés au-dessus des épaules : mise en rayon haute, peinture de plafond, coiffure, pose en hauteur.
- Gestes répétés de la main et du poignet : conditionnement, découpe, saisie, passage en caisse.
- Appui prolongé sur le coude ou sur le genou : pose de sols, plomberie, mécanique.
- Travail accroupi ou assis sur les talons, qui comprime le nerf au niveau du genou.
- Montées et descentes répétées d'escabeau ou d'échelle avec une charge.
Pour chaque situation, notez la durée cumulée par jour, puis cotez gravité et fréquence, comme l'explique notre guide de cotation. Les mesures suivent l'ordre des principes généraux de prévention (article L.4121-2 du Code du travail) : réduire le geste par l'organisation et le matériel avant de former et d'équiper.
Une maladie reconnue dans l'entreprise est une information nouvelle au sens de l'article R.4121-2 du Code du travail. Elle impose de reprendre l'évaluation du poste concerné, même si votre dernière mise à jour est récente.
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Tableau 57 : ce qu'on nous demande
Les questions des employeurs sur les TMS reconnus en maladie professionnelle.
Qu'est-ce que le tableau 57 des maladies professionnelles ?
Le tableau des affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail. Il couvre l'épaule, le coude, le poignet et la main, le genou, la cheville et le pied. Quand ses conditions sont réunies, la maladie est présumée d'origine professionnelle.
Qu'est-ce qui change au 30 septembre 2026 ?
Les examens que le tableau imposait disparaissent : IRM et arthroscanner pour l'épaule, électromyogramme pour le coude et le genou, échographie pour le genou et la cheville. Un examen reste demandé lorsqu'il est nécessaire au diagnostic, selon les recommandations de la Haute Autorité de santé ou des sociétés savantes.
Les dossiers déjà en cours sont-ils concernés ?
Non. Le décret s'applique aux procédures dont le certificat médical initial est établi à compter du 30 septembre 2026. Un dossier ouvert avant cette date reste instruit selon l'ancienne rédaction du tableau.
Les conditions d'exposition ont-elles changé ?
Pas du tout. Délais de prise en charge, durées d'exposition et listes limitatives de travaux sont identiques. Seule la manière d'établir le diagnostic évolue, ce qui rend vos écrits sur l'exposition d'autant plus utiles.
Une maladie reconnue augmente-t-elle ma cotisation ?
Cela dépend de votre effectif. Sous 20 salariés, le taux est collectif et ne dépend pas de vos propres sinistres. Entre 20 et 149, il est mixte ; à partir de 150, il est individuel et chaque maladie reconnue y pèse directement.
Que faire dans mon DUERP ?
Repérer les gestes et postures que décrit le tableau dans chaque unité de travail, noter leur durée quotidienne et les coter. Une maladie reconnue constitue ensuite une information nouvelle qui impose de revoir l'évaluation du poste (article R.4121-2 du Code du travail).
Références utilisées
- Décret n° 2026-901 du 24 septembre 2026
Suppression des examens imposés dans les tableaux du régime général, dont le tableau 57. Entrée en vigueur le 30 septembre 2026.
- Décret n° 2026-900 du 24 septembre 2026
Examens complémentaires conformes aux recommandations de la Haute Autorité de santé (article R.461-9 du Code de la sécurité sociale).
- INRS · Tableau n° 57 du régime général
Désignation des maladies, délais de prise en charge et liste limitative des travaux.
- Ameli · Maladie professionnelle, les démarches de l'employeur
Questionnaire, consultation du dossier et délai de décision de la caisse.
- Ameli · Calcul du taux de cotisation AT/MP
Taux collectif sous 20 salariés, mixte de 20 à 149, individuel à partir de 150.
- Code du travail · Article R.4121-2
Mise à jour du DUERP lors de toute information nouvelle intéressant l'évaluation d'un risque.
Dernière vérification des références : 30 septembre 2026. La base de l'INRS peut afficher la rédaction antérieure au 30 septembre 2026 le temps de sa mise à jour. Le décret n° 2026-902 du même jour procède à des suppressions comparables dans les tableaux du régime agricole, sans modifier le tableau 39, équivalent agricole du tableau 57.
Les gestes du tableau 57 se repèrent avant la maladie
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