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Risque professionnel

Troubles musculo-squelettiques (TMS) : les évaluer dans votre DUERP

Les TMS sont la première cause de maladie professionnelle reconnue en France. Voici comment repérer l'exposition, coter le risque et bâtir un plan d'actions qui tient.

> 80 %
des maladies professionnelles reconnues sont des TMS

Source INRS

≈ 40 000
affections périarticulaires reconnues par an (tableau 57, régime général)

Source INRS

≈ 1 Md€
supporté chaque année par les entreprises (régime général)

Source INRS

Définition

Qu'est-ce qu'un trouble musculo-squelettique ?

Un TMS est une atteinte des muscles, des tendons et des nerfs des membres et du dos. Poignet, épaule, coude, nuque, genou, bas du dos : ce sont les zones les plus touchées. La douleur s'installe progressivement, souvent après des mois d'exposition.

Le syndrome du canal carpien, les tendinites de l'épaule et la lombalgie chronique en sont les formes les plus courantes. Ces affections relèvent de plusieurs tableaux de maladies professionnelles, dont le tableau n° 57 pour les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures.

Trois familles de facteurs se combinent : les contraintes biomécaniques (efforts, postures, gestes répétés), les facteurs psychosociaux (intensité du travail, faible autonomie, tension) et l'environnement (froid, vibrations, bruit). Le stress augmente le tonus musculaire et amplifie la perception de la douleur. Un TMS n'est donc jamais qu'une affaire de gestes.

Facteurs de risque

Ce qui déclenche un TMS

Ces facteurs se cumulent. Un poste peut être supportable pris isolément et devenir délétère dès que deux ou trois s'additionnent.

Efforts et port de charges

Criticité maximale

Soulever, pousser, tirer, porter. La manutention manuelle est la première pourvoyeuse de lombalgies, surtout sans aide mécanique et sur des charges lourdes ou éloignées du corps.

Action prioritaire dans le plan

Gestes répétitifs

Risque élevé

Mêmes mouvements répétés à cadence soutenue : caisse, montage, découpe, saisie. Plus le cycle est court et fréquent, moins les tendons récupèrent.

Postures contraignantes

Risque élevé

Bras au-dessus des épaules, dos penché, accroupissement, poignet plié. Maintenues ou répétées, ces positions sollicitent les articulations au-delà de leur zone de confort.

Travail statique et poste écran

À surveiller

Rester assis ou debout sans bouger sollicite les muscles en continu. Un poste écran mal réglé installe des tensions durables dans la nuque, les épaules et les poignets.

Froid, vibrations, cadence imposée

À surveiller

Le froid raidit les tissus, les vibrations agressent le système main-bras, et une cadence subie empêche toute récupération entre deux sollicitations.

Tension et faible autonomie

À surveiller

Pression temporelle, manque de marge de manœuvre, relations dégradées : ces facteurs psychosociaux aggravent les TMS et freinent la guérison.

Secteurs exposés

Qui est concerné en priorité

Quelques secteurs concentrent la majorité des TMS reconnus. Si vous êtes dans l'un d'eux, le risque doit figurer en bonne place dans votre Document Unique.

Également très exposés :

  • Transport et logistique
  • Commerce et grande distribution
  • Propreté et nettoyage
  • Aide et soin à la personne (Ehpad, domicile)

Cadre légal

Ce que la loi impose sur les TMS

Aucun texte ne nomme les « TMS » en tant que tels, mais l'obligation est claire. L'employeur doit assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs (article L.4121-1 du Code du travail). Cette obligation passe par l'évaluation des risques et sa transcription dans le DUERP (article R.4121-1).

Plusieurs blocs précisent les situations à risque de TMS. La manutention manuelle de charges relève des articles R.4541-1 et suivants, qui imposent de chercher à éviter le port manuel puis, à défaut, de réduire les efforts et de former les salariés. Le travail sur écran est encadré par les articles R.4542-1 et suivants. L'exposition aux vibrations mécaniques par les articles R.4441-1 et suivants.

Côté reconnaissance, les TMS figurent dans plusieurs tableaux de maladies professionnelles : le tableau n° 57 (affections périarticulaires), le tableau n° 97 (rachis lombaire dû aux vibrations) et le tableau n° 98 (rachis lombaire dû à la manutention de charges lourdes). Depuis la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021, le DUERP doit être conservé au moins 40 ans, ce qui permet de retracer les expositions en cas de contentieux.

Évaluation

Comment coter le risque TMS dans le DUERP

L'évaluation suit la même logique que pour tout risque : vous décrivez l'exposition par unité de travail, puis vous cotez gravité × fréquence pour obtenir une criticité. Pour les TMS, la fréquence pèse lourd, car c'est la répétition qui use.

Repérez les postes où un geste revient des centaines de fois par jour, où une charge se porte sans aide, où une posture se maintient longtemps. Notez la durée d'exposition, pas seulement la présence du risque. Un salarié huit heures en caisse n'est pas exposé comme un vendeur qui y passe trente minutes.

Appuyez-vous sur ce que vivent les salariés : plaintes de douleurs, restrictions d'aptitude signalées par le médecin du travail, arrêts répétés sur les mêmes postes. Ces signaux orientent la cotation mieux qu'une grille théorique. Notre [guide de cotation des risques](/guides/cotation-risques-gravite-frequence) détaille la matrice gravité × fréquence × maîtrise.

Prévention

La démarche de prévention en quatre étapes

L'INRS structure la prévention des TMS en quatre temps. Le DUERP en est le point de départ et la mémoire.

  1. 1

    Mobiliser et s'engager

    La prévention des TMS échoue quand elle repose sur un seul volontaire. Affichez l'engagement de la direction, désignez un référent, associez les salariés concernés. Ce sont eux qui connaissent les gestes qui font mal.

  2. 2

    Faire l'état des lieux

    Recensez les TMS déjà déclarés, les arrêts, les postes signalés. Croisez avec les indicateurs du médecin du travail. Cette photographie de départ alimente directement le Document Unique.

  3. 3

    Analyser le travail réel

    Observez l'activité telle qu'elle se fait, pas telle qu'elle est prescrite. La contrainte naît souvent d'un outil mal placé, d'un flux mal pensé, d'une cadence subie. C'est là que se trouvent les vraies solutions.

  4. 4

    Transformer les situations de travail

    Agissez sur l'organisation et les équipements avant les comportements : aide à la manutention, plan de travail à hauteur réglable, rotation des tâches, marges de récupération. La formation gestes et postures complète ces mesures, elle ne les remplace pas.

Avec DUERP Gestion

Un risque bien évalué, dans un DUERP déjà structuré

Repérer le risque TMS est une chose. Le faire vivre dans un Document Unique complet, par unité de travail, avec une cotation cohérente et un plan d'actions daté, en est une autre.

DUERP Gestion part de votre secteur, propose les unités de travail et les risques typiques (dont celui-ci quand il s'applique), calcule la criticité gravité × fréquence, et reconstruit le document avec page de garde, plan d'actions consolidé et signatures.

Vous éditez ce qui vous concerne, vous validez (c'est exceptionnellement gratuit, normalement 39 €), vous recevez le PDF par email. Sans compte à créer, sans abonnement.

FAQ

Vos questions sur le risque TMS

Les points qui reviennent le plus souvent au moment de traiter ce risque dans le DUERP.

Les TMS doivent-ils obligatoirement figurer dans le DUERP ?

Oui, dès qu'il existe une exposition, c'est-à-dire dans la quasi-totalité des entreprises. Manutention, gestes répétés, posture assise prolongée, travail sur écran : presque aucun poste n'y échappe. L'absence du risque TMS dans un Document Unique est l'un des premiers points relevés lors d'un contrôle.

Un poste de bureau est-il concerné par les TMS ?

Oui. Le travail sur écran génère des tensions nuque-épaules et des troubles du poignet. Les articles R.4542-1 et suivants du Code du travail imposent d'aménager le poste (écran à hauteur des yeux, siège réglable, éclairage adapté) et de prévoir des pauses ou des changements d'activité.

Quelle différence entre un TMS et un accident du travail ?

Le TMS s'installe lentement, par usure, et se reconnaît comme maladie professionnelle via un tableau (57, 97, 98 selon la zone). L'accident du travail est soudain et daté. Un lumbago survenu en soulevant une charge peut basculer dans l'une ou l'autre catégorie selon les circonstances.

La formation gestes et postures suffit-elle ?

Non. Former sans corriger le poste revient à demander aux salariés de compenser un problème d'organisation. La formation est utile, mais elle vient après l'aménagement des équipements et de l'organisation, pas à leur place. C'est l'ordre fixé par les principes généraux de prévention.

Comment prouver qu'on agit contre les TMS ?

Par le DUERP et son plan d'actions datés. Chaque mesure (achat d'une aide à la manutention, réglage d'un poste, rotation mise en place) y figure avec une échéance et un responsable. C'est cette trace écrite qui démontre votre démarche en cas d'accident ou de contrôle.

Existe-t-il un accompagnement pour réduire les TMS ?

Oui. L'Assurance Maladie - Risques professionnels propose le programme TMS Pros et des aides financières aux entreprises éligibles, le plus souvent via les Carsat. Renseignez-vous auprès de votre caisse régionale pour connaître les dispositifs ouverts à votre effectif.

Sources

Références consultées

Informations vérifiées auprès des sources officielles (INRS, Code du travail, Assurance Maladie). Pour un point réglementaire précis, reportez-vous au texte d'origine.

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