Poste mal réglé
Risque élevéÉcran trop bas ou trop loin, siège non ajusté, clavier et souris mal placés. Un poste inadapté impose des postures contraignantes maintenues des heures durant.
Le travail sur écran paraît anodin, mais des heures au même poste fatiguent les yeux, raidissent la nuque et installent la sédentarité. Voici comment l'évaluer et aménager les postes.
Source INRS
Définition
Passer ses journées devant un écran n'a rien d'anodin pour le corps. Le travail sur écran sollicite les yeux en continu, fige la posture et installe la sédentarité. Trois effets se cumulent : fatigue visuelle, troubles musculo-squelettiques et conséquences d'une position assise prolongée.
La fatigue visuelle se traduit par des picotements, une vision trouble, des maux de tête. Les TMS touchent la nuque, les épaules et les poignets, surtout quand le poste est mal réglé. La sédentarité augmente à long terme les risques de surpoids, de diabète et de pathologies cardiovasculaires.
S'y ajoute souvent une charge mentale : sollicitations permanentes, multiplication des outils, interruptions. L'écran est donc un point de rencontre entre risque physique, visuel et psychosocial, ce qui justifie pleinement sa place dans le DUERP.
Le risque vient rarement de l'écran seul. Il naît du réglage du poste, de la durée et de l'organisation de la journée.
Écran trop bas ou trop loin, siège non ajusté, clavier et souris mal placés. Un poste inadapté impose des postures contraignantes maintenues des heures durant.
Rester des heures sans bouger ni quitter l'écran épuise les yeux et fige les muscles. L'absence de pauses ou d'alternance d'activités est le premier facteur de fatigue.
Reflets sur l'écran, fenêtre dans le dos ou face à soi, éclairage trop fort. L'œil compense en permanence, ce qui accélère la fatigue visuelle.
Écran brillant, résolution faible, ordinateur portable utilisé seul sur la durée. Le portable impose un compromis défavorable entre la hauteur de l'écran et celle du clavier.
Position assise quasi continue, peu de déplacements. Le corps a besoin de bouger ; rester immobile toute la journée a ses propres effets sur la santé.
Notifications, double écran, tâches fragmentées. La pression cognitive s'ajoute à la fatigue physique et brouille la concentration.
Tous les métiers de bureau, et bien d'autres : la part d'écran augmente partout, jusque dans les commerces et les ateliers.
Également très exposés :
Cadre légal
Le travail sur écran fait l'objet d'une section propre : les articles R.4542-1 et suivants du Code du travail. L'employeur évalue les risques de chaque poste à partir d'une analyse des conditions de travail, puis transcrit le résultat au DUERP.
L'évaluation porte sur la vue, les postures et la charge mentale. Elle débouche sur l'aménagement du poste (écran, siège, plan de travail, éclairage) et sur l'organisation : la réglementation impose de prévoir des pauses régulières ou des changements d'activité réduisant le temps passé devant l'écran.
La surveillance médicale est renforcée : un examen approprié des yeux et de la vue est prévu, à la charge de l'employeur, avant l'affectation puis périodiquement. Si l'examen le rend nécessaire, des dispositifs de correction adaptés au travail sur écran sont fournis.
Évaluation
Repérez les postes concernés et la durée quotidienne réellement passée à l'écran. Un salarié huit heures sur tableur n'a pas la même exposition qu'un autre qui le consulte ponctuellement. La durée et la continuité sont les premiers critères.
Pour chaque poste, observez l'ergonomie : hauteur et distance de l'écran, réglage du siège, position du clavier et de la souris, éclairage et reflets, usage d'un portable sans station d'accueil. Notez aussi l'organisation : pauses, alternance des tâches, interruptions.
Cotez gravité × fréquence. La gravité d'un poste écran est modérée mais réelle sur la durée ; c'est la fréquence (heures quotidiennes, années d'exposition) qui pèse. Notre [guide de cotation des risques](/guides/cotation-risques-gravite-frequence) vous aide à situer la criticité.
La prévention du travail sur écran tient à deux choses : un poste bien réglé et une journée qui laisse les yeux et le corps respirer.
Écran à hauteur des yeux et à bonne distance, écran mat de préférence, siège réglable avec soutien lombaire, clavier et souris à portée, repose-pieds au besoin. Un poste réglé en cinq minutes évite des mois de tensions.
Écran perpendiculaire aux fenêtres, stores pour limiter les reflets, éclairage d'appoint modulable. L'œil fatigue d'abord à cause des contrastes et des reflets, pas seulement de la durée.
Des pauses régulières ou des changements d'activité, quelques minutes par heure, suffisent à reposer les yeux et à faire bouger le corps. Alterner écran et hors-écran vaut mieux qu'une longue pause unique.
Former les salariés au réglage de leur poste, proposer l'examen de la vue prévu par la réglementation, fournir au besoin une correction adaptée. Un salarié qui sait régler son poste s'épargne l'essentiel des troubles.
Repérer le risque travail sur écran est une chose. Le faire vivre dans un Document Unique complet, par unité de travail, avec une cotation cohérente et un plan d'actions daté, en est une autre.
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FAQ
Les points qui reviennent le plus souvent au moment de traiter ce risque dans le DUERP.
Oui. Le Code du travail lui consacre une section entière (articles R.4542-1 et suivants). Dès qu'un salarié travaille régulièrement sur écran, le risque visuel, postural et mental doit être évalué et inscrit dans le Document Unique.
Il doit prendre en charge un examen approprié des yeux et de la vue, et fournir des dispositifs de correction spéciaux adaptés au travail sur écran si l'examen les rend nécessaires et que les corrections habituelles ne conviennent pas. Il ne s'agit pas de financer toutes les lunettes de ville.
La réglementation impose des pauses régulières ou des changements d'activité réduisant le temps d'écran, sans fixer de durée précise. En pratique, quelques minutes par heure, en alternant les tâches, constituent une bonne référence.
Pas sur le principe : l'obligation d'évaluation et d'aménagement vaut aussi pour le poste en télétravail. En pratique, l'employeur s'assure que le salarié dispose d'un poste correctement réglé chez lui et l'informe sur les bons réglages.
Pour un usage prolongé, non sans accessoires. Le portable impose un compromis défavorable entre la hauteur de l'écran et celle du clavier. Une station d'accueil avec écran, clavier et souris séparés rétablit une posture correcte.
Indirectement. Il n'existe pas de tableau « écran », mais les TMS qu'il favorise (canal carpien, cervicalgies) peuvent relever des tableaux existants. La fatigue visuelle, elle, est réversible mais bien réelle au quotidien.
Risques liés
Sources
Informations vérifiées auprès des sources officielles (INRS, Code du travail, Assurance Maladie). Pour un point réglementaire précis, reportez-vous au texte d'origine.
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