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Risque professionnel

Chutes de hauteur : les évaluer dans votre DUERP

Deuxième cause de décès liés au travail, première dans le BTP. Toiture, échafaudage, échelle, mezzanine : dès qu'on travaille en hauteur, le risque doit être évalué et, autant que possible, supprimé.

2e
cause de décès liés aux accidents du travail

Source INRS

69 %
des décès par chute de hauteur surviennent dans le BTP

Source Cnam

> 10 %
des accidents du travail sont des chutes de hauteur

Source INRS

Définition

Qu'est-ce qu'une chute de hauteur ?

Une chute de hauteur, c'est une chute depuis un point situé au-dessus du sol : toiture, échafaudage, échelle, escabeau, plateforme, mezzanine, fosse, parfois un simple marchepied. Elle se distingue de la chute de plain-pied, qui survient sur une surface horizontale.

Contrairement à une idée répandue, la réglementation ne fixe aucune hauteur minimale. Une chute de moins de trois mètres peut être mortelle. C'est l'existence d'une dénivellation, et non sa hauteur, qui déclenche l'obligation de prévention.

Les conséquences sont souvent lourdes : fractures, traumatismes crâniens, lésions de la colonne, décès. C'est la deuxième cause de mortalité au travail après le risque routier, et la première dans le bâtiment et les travaux publics.

Facteurs de risque

Les situations qui exposent au risque

La hauteur n'est pas réservée aux chantiers. Entrepôts, commerces et exploitations agricoles présentent aussi des situations à risque.

Toitures et surfaces fragiles

Criticité maximale

Travail sur toiture, en rive de dalle, près d'une ouverture ou sur un matériau fragile (plaques, verrières). La chute à travers une surface fragile est l'un des accidents les plus fréquents et les plus graves.

Action prioritaire dans le plan

Échafaudages

Risque élevé

Montage, démontage, utilisation. Un échafaudage incomplet, mal monté ou mal ancré expose à la chute. Sa réception et ses vérifications périodiques sont obligatoires.

Échelles et escabeaux

Risque élevé

Un moyen d'accès, pas un poste de travail. Beaucoup de chutes graves surviennent depuis une échelle utilisée trop longtemps ou pour une tâche qui exige les deux mains.

Ouvertures et trémies

Risque élevé

Trémies, cages d'ascenseur, fosses non protégées. Une ouverture non balisée ni couverte est un piège, en particulier pendant les phases de chantier.

Plateformes élévatrices (PEMP)

À surveiller

Les plateformes élévatrices mobiles de personnel sont un bon moyen de protection collective, à condition d'une autorisation de conduite (CACES) et de vérifications à jour.

Stockage et mezzanines

À surveiller

Accès aux racks en hauteur, bords de mezzanine sans garde-corps, quais de chargement. Le risque existe aussi en entrepôt et en commerce, pas seulement sur les chantiers.

Secteurs exposés

Qui travaille en hauteur ?

Le BTP en tête, mais pas seulement : maintenance, agriculture et logistique sont également concernées.

Également très exposés :

  • Couvreurs et charpentiers
  • Peintres et façadiers
  • Élagage et travaux paysagers
  • Nettoyage de vitres
  • Télécoms et antennes

Cadre légal

Protection collective d'abord, c'est la loi

L'employeur doit évaluer le risque de chute (article L.4121-1 du Code du travail) et le transcrire au DUERP (article R.4121-1). Les neuf principes de prévention imposent un ordre : supprimer le risque, puis privilégier la protection collective sur la protection individuelle.

Pour les travaux temporaires en hauteur, l'article R.4323-58 du Code du travail exige un plan de travail conçu pour préserver la sécurité. Concrètement : garde-corps et protections collectives d'abord ; le harnais, protection individuelle, n'intervient que lorsque la protection collective est techniquement impossible.

Certains équipements imposent des obligations propres : réception et vérifications des échafaudages, autorisation de conduite (CACES) pour les PEMP, contrôle des EPI antichute. La chute de hauteur étant souvent mortelle, son absence du DUERP est un manquement lourd de conséquences en cas d'accident.

Évaluation

Comment évaluer le risque de chute dans le DUERP

Listez, par unité de travail, toutes les situations où l'on quitte le niveau du sol : accès en toiture, travail sur échafaudage, usage d'échelles, intervention près d'une ouverture, accès aux zones de stockage en hauteur. N'oubliez pas les tâches occasionnelles, souvent les plus accidentogènes.

Cotez gravité × fréquence. La gravité d'une chute de hauteur est presque toujours élevée ; la fréquence et la durée d'exposition font la différence. Un couvreur exposé en permanence et un magasinier qui monte rarement à l'échelle n'ont pas la même criticité.

Pour chaque situation, notez les protections déjà en place et celles qui manquent : c'est ce qui alimente le plan d'actions. Notre [guide de cotation des risques](/guides/cotation-risques-gravite-frequence) détaille la lecture des niveaux de priorité.

Prévention

Supprimer, protéger, équiper, former

L'ordre n'est pas négociable : on agit d'abord sur le besoin de monter, puis sur la protection collective, et seulement ensuite sur l'individuel.

  1. 1

    Éviter le travail en hauteur

    La meilleure protection, c'est de ne pas monter : travail au sol quand c'est possible, préfabrication, perches télescopiques, matériel commandé depuis le sol. Chaque montée évitée est un risque supprimé.

  2. 2

    Privilégier la protection collective

    Garde-corps permanents, puis échafaudages, plateformes, filets. La protection collective protège tout le monde, sans action de la personne et sans réglage individuel. C'est l'option prioritaire imposée par la loi.

  3. 3

    N'utiliser le harnais qu'en dernier recours

    Quand la protection collective est techniquement impossible, le harnais antichute prend le relais : point d'ancrage adapté, formation au port, dispositif de secours. Un harnais sans plan de sauvetage n'est qu'une demi-mesure.

  4. 4

    Former et vérifier

    Montage d'échafaudage, conduite de PEMP (CACES), port du harnais, réception des installations : la compétence et les vérifications périodiques font partie de la prévention, pas du décor.

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FAQ

Vos questions sur le risque chutes de hauteur

Les points qui reviennent le plus souvent au moment de traiter ce risque dans le DUERP.

Y a-t-il une hauteur minimale à partir de laquelle le risque compte ?

Non. Le Code du travail ne fixe pas de hauteur minimale. Dès qu'il existe une dénivellation d'où l'on peut chuter, l'obligation de prévention s'applique. Des chutes de faible hauteur causent chaque année des accidents graves, voire mortels.

Une échelle est-elle interdite ?

Non, mais c'est un moyen d'accès, pas un poste de travail. Le Code du travail n'autorise le travail depuis une échelle qu'à titre exceptionnel, quand le recours à un équipement plus sûr n'est pas justifié. Pour une tâche durable, privilégiez une plateforme ou un échafaudage.

Le harnais suffit-il à être en règle ?

Non. Le harnais est une protection individuelle, qui n'intervient que lorsque la protection collective (garde-corps, échafaudage) est techniquement impossible. Choisir le harnais par défaut revient à inverser l'ordre imposé par les principes de prévention.

Suis-je concerné si mes salariés montent rarement ?

Oui. Même occasionnel, l'accès en hauteur doit être évalué. La faible fréquence réduit la criticité, pas l'obligation. Les interventions rares sont d'ailleurs souvent les moins préparées, donc parmi les plus dangereuses.

Quelles vérifications pour un échafaudage ?

Un échafaudage fait l'objet d'une vérification lors de sa mise en service, après toute modification, puis de vérifications régulières pendant son utilisation. Son montage et son démontage doivent être confiés à des personnes compétentes et formées.

La mezzanine de mon entrepôt est-elle concernée ?

Oui. Bords de mezzanine, accès aux racks, quais de chargement sont des situations de chute de hauteur, au même titre qu'un chantier. Garde-corps, portillons et balisage doivent figurer dans votre évaluation.

Sources

Références consultées

Informations vérifiées auprès des sources officielles (INRS, Code du travail, Assurance Maladie). Pour un point réglementaire précis, reportez-vous au texte d'origine.

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