Sols glissants
Risque élevéSol mouillé, gras, fraîchement lavé, verglacé à l'extérieur. La glissade est la première cause, surtout en cuisine, en agroalimentaire et aux entrées par temps de pluie.
Glisser, trébucher, faire un faux pas : on banalise, et pourtant c'est la deuxième cause d'accident du travail avec arrêt. Voici comment repérer les points noirs et les corriger.
Source INRS
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Définition
Une chute de plain-pied, c'est une chute sur une surface horizontale ou presque : glissade, trébuchement, faux pas, perte d'équilibre. Pas de hauteur en jeu, à la différence de la chute de hauteur. C'est l'accident le plus banal, et pour cette raison le plus sous-estimé.
Les chiffres rappellent qu'il n'a rien d'anodin : c'est la deuxième cause d'accidents du travail avec arrêt, avec plus de 100 000 cas par an en France. Entorses, fractures, traumatismes : ces chutes provoquent aussi des incapacités permanentes, et parfois des décès.
Le piège, c'est la banalisation. Parce que « tout le monde a déjà glissé », on n'agit pas. Pourtant, un sol, un éclairage, un passage dégagé se corrigent facilement. La chute de plain-pied est l'un des risques où la prévention donne les résultats les plus rapides.
Deux causes dominent : les sols glissants et l'encombrement. Le reste aggrave ou révèle ces deux-là.
Sol mouillé, gras, fraîchement lavé, verglacé à l'extérieur. La glissade est la première cause, surtout en cuisine, en agroalimentaire et aux entrées par temps de pluie.
Câbles au sol, cartons, palettes, tiroirs ouverts, dénivellations non signalées. Trébucher sur un obstacle évitable est la deuxième cause de chute.
Zones sombres, passages mal éclairés, éblouissement. On ne contourne pas ce qu'on ne voit pas à temps.
Revêtement abîmé, trous, seuils, marche isolée non visible. Un défaut de sol piège même ceux qui connaissent les lieux par cœur.
Course, port d'une charge qui masque la vue, téléphone en marchant. La hâte transforme un sol banal en piège.
Semelles lisses ou usées là où il faudrait de l'antidérapant. L'équipement des pieds compte autant que l'état du sol.
Partout, mais davantage là où les sols sont humides ou gras et où l'on se déplace beaucoup.
Également très exposés :
Cadre légal
Aucune section ne porte le nom « chutes de plain-pied », mais l'obligation est claire. L'employeur doit assurer la sécurité (article L.4121-1 du Code du travail) et évaluer ce risque dans le DUERP (article R.4121-1) comme tous les autres.
Les règles relatives aux lieux de travail s'appliquent directement : sols adaptés et non glissants, voies de circulation dégagées et signalées, éclairage suffisant, locaux tenus propres (articles R.4224-1 et suivants). Ce sont ces dispositions qui se traduisent en mesures concrètes.
Une chute de plain-pied est un accident du travail, pas une maladie professionnelle : il n'existe pas de tableau dédié. Ses conséquences (arrêts, incapacités) pèsent néanmoins sur la sinistralité de l'entreprise et sur sa cotisation AT/MP.
Évaluation
Parcourez les lieux comme le ferait un salarié pressé : zones humides ou grasses, passages encombrés, câbles, dénivellations, sols dégradés, zones mal éclairées, accès extérieurs par mauvais temps. Une simple visite révèle l'essentiel des points noirs.
Croisez avec l'historique : les chutes et les presque-accidents déjà survenus pointent les endroits à traiter en priorité. Notez, par unité de travail, les situations relevées et leur fréquence d'exposition.
Cotez gravité × fréquence. La gravité est variable, de l'entorse à la fracture sérieuse, et la fréquence souvent élevée car le risque est partout. Notre [guide de cotation des risques](/guides/cotation-risques-gravite-frequence) aide à prioriser les corrections.
C'est l'un des risques où de petites actions changent vite la donne : un sol, un rangement, un éclairage.
Revêtements antidérapants adaptés aux locaux, traitement des zones humides ou grasses, réparation des sols dégradés, signalisation des dénivellations et des sols mouillés. Le sol est la première cause, donc la première cible.
Câbles fixés ou passés en goulotte, passages libres, stockage organisé, tiroirs fermés. Un espace rangé supprime la majorité des trébuchements.
Éclairage suffisant des circulations et des escaliers, mains courantes, nez de marche visibles et antidérapants, balisage temporaire pendant le nettoyage. On sécurise ce qui se voit.
Chaussures antidérapantes là où c'est utile, consignes de nettoyage (signaler, ne pas laver toute la zone d'un coup), sensibilisation à la précipitation et au téléphone en marchant.
Repérer le risque chutes de plain-pied est une chose. Le faire vivre dans un Document Unique complet, par unité de travail, avec une cotation cohérente et un plan d'actions daté, en est une autre.
DUERP Gestion part de votre secteur, propose les unités de travail et les risques typiques (dont celui-ci quand il s'applique), calcule la criticité gravité × fréquence, et reconstruit le document avec page de garde, plan d'actions consolidé et signatures.
Vous éditez ce qui vous concerne, vous validez (c'est exceptionnellement gratuit, normalement 39 €), vous recevez le PDF par email. Sans compte à créer, sans abonnement.
FAQ
Les points qui reviennent le plus souvent au moment de traiter ce risque dans le DUERP.
Oui. C'est la deuxième cause d'accidents du travail avec arrêt : ignorer ce risque, c'est passer à côté d'un poste majeur de sinistralité. Il s'évalue comme les autres, par unité de travail.
Parce que les conséquences ne sont pas toujours bénignes : entorses, fractures, traumatismes crâniens, parfois incapacités permanentes ou décès. La banalité de la cause ne préjuge pas de la gravité du résultat.
Agir sur les sols (antidérapants, traitement des zones grasses ou humides) et sur le rangement (passages dégagés, câbles fixés). Ce sont les deux premières causes, et les corrections sont souvent simples et peu coûteuses.
Non. Elles aident dans les zones à risque, mais en complément. La priorité reste d'agir sur le sol et l'environnement : un bon sol bien rangé protège tout le monde, pas seulement celui qui porte les bonnes chaussures.
Oui. Accès, parkings, quais, escaliers extérieurs : pluie, gel et feuilles mortes y créent des glissades. Pensez à inclure les abords et à prévoir le déneigement ou le salage en hiver.
Non. La chute de plain-pied est un accident du travail, pas une maladie professionnelle. Elle relève néanmoins de l'obligation d'évaluation, et elle pèse sur votre taux de cotisation AT/MP.
Risques liés
Sources
Informations vérifiées auprès des sources officielles (INRS, Code du travail, Assurance Maladie). Pour un point réglementaire précis, reportez-vous au texte d'origine.
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