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Température minimale au travail : ce que la loi impose pour le chauffage des locaux

Aucun texte ne fixe de température minimale au travail, ni au bureau, ni à l'atelier. L'obligation existe pourtant : vos locaux fermés doivent rester à une température adaptée à l'activité, et le froid se traite dans votre DUERP.

Réglementation · Publié le 21 octobre 2026 · 9 min de lecture

La température au travail en bref

  • Aucun article du Code du travail ne fixe de température minimale, pour les bureaux comme pour les ateliers.
  • Depuis le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, l'article R.4223-13 exige une température adaptée à l'activité, en toute saison, dans les locaux fermés.
  • Pour un travail de bureau en hiver, l'INRS situe le confort thermique autour de 20 à 24 °C.
  • Le seuil de 19 °C du Code de l'énergie est un plafond de chauffage, pas un minimum dû aux salariés.
  • En cas de panne, l'employeur organise la parade : appoint électrique, regroupement, horaires, télétravail.
  • Le droit de retrait suppose un motif raisonnable de penser à un danger grave et imminent ; un simple inconfort ne suffit pas.
  • L'ambiance thermique figure dans l'inventaire des risques du DUERP, unité de travail par unité de travail (article R.4121-1).

Existe-t-il une température minimale au travail ?

Non. Le Code du travail ne chiffre ni chauffage minimum ni température maximale pour les locaux de travail. L'INRS le confirme : il n'existe pas de valeur seuil de température froide en milieu professionnel.

La règle tient en une phrase. Depuis le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, l'article R.4223-13 du Code du travail prévoit que les locaux fermés affectés au travail sont, « en toute saison, maintenus à une température adaptée compte tenu de l'activité des travailleurs et de l'environnement dans lequel ils évoluent ».

L'ancienne formule, des locaux « chauffés pendant la saison froide », circule encore. En hiver, le principe reste le même : chauffer assez pour l'activité réelle, avec des appareils qui n'émettent aucune émanation dangereuse.

Deux textes complètent ce socle. Salles de pause, de restauration et sanitaires suivent une température conforme à leur destination (article R.4223-14). Quant au document unique, l'article R.4121-1 y range expressément les risques liés aux ambiances thermiques, dans chaque unité de travail.

Ces règles visent les locaux fermés. Le froid imposé par le poste lui-même, en chambre froide ou dehors, relève de notre fiche travail au froid, avec le repère de vigilance de 5 °C retenu par l'INRS.

Température minimum au bureau : le repère INRS et le plafond de 19 °C

Faute de chiffre légal, l'INRS fournit un repère. Pour une activité de bureau en hiver, il situe le confort thermique autour de 20 à 24 °C, dans un article sur le confort thermique dans les bureaux.

Ce confort ne dépend pas que du thermomètre. L'INRS cite aussi l'humidité (de 40 à 70 % pour le travail de bureau), la vitesse de l'air au poste (0,2 m/s au plus), l'habillement et le rayonnement. Un poste collé à une baie vitrée, ou à une porte qui s'ouvre sans cesse, peut rester froid dans un bureau à 21 °C.

Le chiffre de 19 °C vient d'ailleurs. L'article R.241-26 du Code de l'énergie fixe à 19 °C en moyenne la limite supérieure de chauffage des bureaux, des locaux recevant du public et de la plupart des autres locaux. C'est un plafond de consommation, sanctionné par une contravention (article R.241-29-1), et non un minimum dû aux salariés.

Les deux règles se combinent. Une moyenne de 19 °C sur le bâtiment n'empêche pas un poste trop froid près de l'entrée : la température adaptée s'apprécie selon l'activité et l'environnement de chaque poste. Les locaux qui ne sont ni des bureaux ni ouverts au public, comme beaucoup d'ateliers, relèvent d'autres limites fixées par arrêté (article R.241-28).

Baisser la consigne reste possible. L'INRS ne connaît pas d'effet démontré sur la santé d'un bureau chauffé autour de 19 °C, mais l'inconfort pèse sur les conditions de travail : expliquez la décision et associez-y les représentants du personnel.

Pour un cabinet, une agence ou une boutique, le modèle DUERP bureaux et services ou le modèle commerce de détail pose déjà vos unités de travail : il reste à y ajouter l'ambiance thermique.

Froid au bureau, en boutique, à l'atelier : qui fait quoi ?

Sept situations reviennent chaque hiver. Pour chacune, voici la règle applicable et la réponse attendue de l'employeur.

Bureau à 18 °C, salariés qui se plaignent

La règle : Température adaptée à l'activité (R.4223-13). Repère INRS : 20 à 24 °C pour le travail de bureau en hiver.

Vous faites : Mesurer au poste, régler le chauffage, traiter les courants d'air, noter le constat au DUERP.

Caisse ou accueil près d'une porte ouverte

La règle : Même obligation, appréciée selon l'environnement du poste (R.4223-13).

Vous faites : Sas, rideau d'air ou chauffage localisé, rotation sur le poste, tenue chaude fournie.

Chaudière en panne

La règle : Obligation maintenue ; le chauffage, appoint compris, ne doit émettre aucune émanation dangereuse (R.4223-13).

Vous faites : Dépannage rapide, radiateurs électriques, regroupement dans une pièce chaude, télétravail.

Salle de pause ou sanitaires froids

La règle : Température conforme à la destination du local (R.4223-14).

Vous faites : La chauffer en priorité : c'est là que les équipes se réchauffent.

Réserve, quai ou chambre froide

La règle : Protection contre le froid, après avis du médecin du travail et du CSE (R.4223-15).

Vous faites : Limiter le temps d'exposition, équiper, prévoir un local chauffé pour les pauses.

Consigne abaissée à 19 °C par sobriété

La règle : Plafond moyen du Code de l'énergie (R.241-26), sans dispense de l'obligation du Code du travail.

Vous faites : Vérifier les postes les plus froids, expliquer la décision, associer le CSE.

Salarié qui veut se retirer

La règle : Droit de retrait réservé au danger grave et imminent (L.4131-1).

Vous faites : Écouter, mesurer, corriger sans attendre, et garder une trace écrite.

Chauffage en panne au travail : que faire ?

Une chaudière qui lâche un lundi de janvier ne suspend pas l'obligation. Elle impose de s'organiser vite, avec des mesures temporaires qui ne créent pas un nouveau risque.

  1. 1

    Mesurer et dater

    Relevez la température à plusieurs postes, avec l'heure : cette trace guide la décision.

  2. 2

    Faire réparer et prévenir

    Appelez le chauffagiste, puis annoncez aux équipes un délai et les mesures prévues d'ici là.

  3. 3

    Choisir un appoint sûr

    Préférez des radiateurs électriques sur prise murale, loin des papiers. Pour un appareil à combustion, Santé publique France recommande de ne jamais le faire fonctionner en continu et d'aérer chaque jour.

  4. 4

    Regrouper et réorganiser

    Installez les équipes dans les pièces chauffées, décalez les tâches statiques, prévoyez des pauses au chaud.

  5. 5

    Proposer le télétravail

    Sans accord collectif ni charte, un télétravail ponctuel se convient entre l'employeur et le salarié, formalisé par tout moyen (article L.1222-9).

  6. 6

    Tirer la leçon dans le DUERP

    Une panne qui se répète est une information nouvelle sur un risque : elle justifie une mise à jour du document (article R.4121-2).

Appareil à combustion : le risque invisible

Un chauffage d'appoint au gaz ou au pétrole peut dégager du monoxyde de carbone, un gaz qui ne se voit pas et ne se sent pas. Ne le laissez jamais tourner en continu, aérez chaque jour, et n'utilisez jamais pour chauffer un appareil qui n'est pas prévu pour cela.

Côté incendie, un radiateur d'appoint reste une source possible de départ de feu : notre fiche incendie et explosion rappelle les règles de base. Pour le travail à distance, voir le télétravail dans le DUERP.

Droit de retrait pour froid : dans quels cas ?

L'article L.4131-1 du Code du travail permet au salarié de se retirer d'une situation dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Il doit en alerter l'employeur immédiatement.

Lorsque ces conditions sont réunies, aucune sanction ni retenue de salaire n'est possible (article L.4131-3). Un bureau frais, même désagréable, n'entre en général pas dans ce cadre. L'INRS le rappelle : une évaluation sérieuse des risques limite ces situations.

Le retrait peut se justifier dans des cas extrêmes : exposition prolongée à un froid intense sans moyen de se réchauffer, ou appareil d'appoint qui dégage des fumées dans un local fermé, avec un risque de monoxyde de carbone. En cas de désaccord, c'est le juge qui apprécie, au cas par cas.

Dès 11 salariés, le CSE a aussi son mot à dire. Un représentant qui constate une cause de danger grave et imminent alerte l'employeur (article L.4131-2), qui procède immédiatement à une enquête avec lui (article L.4132-2). Plus largement, les mesures de protection contre le froid sont prises après avis du médecin du travail et du CSE (article R.4223-15). Voir aussi associer les salariés et le CSE au DUERP.

Ambiance thermique absente du DUERP : un point faible en contrôle

Les ambiances thermiques sont citées expressément par l'article R.4121-1 parmi les risques à inventorier. Un document qui les omet, ou qui n'est pas à jour, peut relever de la contravention de 5e classe de l'article R.4741-1. L'absence de DUERP expose en outre, depuis le 27 juin 2026, à une amende administrative pouvant atteindre 4 000 € par travailleur concerné (articles L.8115-1 et L.8115-3), sous réserve de l'absence de poursuites pénales.

Où placer l'ambiance thermique dans votre DUERP ?

Le froid des locaux n'a pas besoin d'un document à part. Il se traite comme les autres risques professionnels, par unité de travail : accueil, bureaux, surface de vente, réserve. Pour la démarche complète, voir notre guide du DUERP.

  1. 1

    Repérer les postes froids

    Postes près des entrées et des vitrages, réserves non chauffées, salles de pause, tâches statiques.

  2. 2

    Décrire l'exposition

    Température relevée, durée, courants d'air, activité sédentaire ou physique, salariés plus sensibles.

  3. 3

    Coter le risque

    Gravité et fréquence, selon la grille de votre document, pour classer les priorités.

  4. 4

    Inscrire les mesures

    Réglage et entretien du chauffage, rideau d'air, déplacement de postes, consignes en cas de panne.

  5. 5

    Dater le plan d'actions

    Un responsable et une échéance par action, revus à chaque mise à jour.

Côté cotation, notre guide gravité et fréquence donne la grille. Un salarié plus sensible au froid peut aussi demander une visite au médecin du travail (article R.4624-34).

Le document vit ensuite avec l'entreprise. À partir de 11 salariés, il est mis à jour au moins chaque année (article R.4121-2), et chaque version est transmise au service de prévention et de santé au travail (article L.4121-3-1). Notre article sur la mise à jour du DUERP détaille le calendrier.

Le froid de vos locaux, coté et daté dans votre DUERP

Un tableur suffit pour un bureau. Avec une boutique, une réserve et un atelier, les lignes se multiplient et les dates se perdent. DUERP Gestion part de votre secteur et pré-remplit les unités de travail et leurs risques typiques.

Le risque « Ambiance thermique » est déjà coché pour les métiers exposés, comme le BTP ou l'entrepôt. Pour un bureau ou un commerce, vous l'ajoutez à l'unité concernée : description, mesures, actions et cotation de départ se remplissent, et vous les ajustez.

Chaque action reçoit un responsable et une échéance. Vous choisissez le format Complet ou Synthétique, et le DUERP daté arrive par email. 39 € en une fois, sans inscription, sans abonnement.

Température au travail : ce qu'on nous demande

Les questions des employeurs quand le froid s'installe dans les locaux.

Quelle est la température minimale légale au travail ?

Il n'en existe pas. L'article R.4223-13 du Code du travail impose une température adaptée à l'activité dans les locaux fermés, sans fixer de chiffre. Pour un bureau en hiver, l'INRS situe le confort thermique autour de 20 à 24 °C.

Le chauffage au travail est-il limité à 19 °C ?

Au sens du Code de l'énergie, oui : la limite supérieure moyenne est de 19 °C dans les bureaux et les locaux recevant du public (article R.241-26). Ce plafond vise la consommation d'énergie et ne dispense pas de maintenir une température adaptée à chaque poste.

Que faire si le chauffage tombe en panne au travail ?

Faire réparer vite et organiser l'attente : radiateurs électriques d'appoint, regroupement dans les pièces chauffées, horaires aménagés ou télétravail. Un chauffage d'appoint à combustion ne doit jamais fonctionner en continu.

Peut-on exercer son droit de retrait quand il fait trop froid ?

Seulement si le salarié a un motif raisonnable de penser que la situation présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé (article L.4131-1). Un inconfort, même réel, ne suffit pas. Le salarié alerte d'abord l'employeur, qui doit corriger la situation.

Quelle température dans une salle de pause ?

Celle qui correspond à sa destination, selon l'article R.4223-14 du Code du travail. En hiver, la salle de pause sert justement à se réchauffer : chauffez-la en priorité.

Faut-il mettre le froid des locaux dans le DUERP ?

Oui. L'article R.4121-1 inclut les risques liés aux ambiances thermiques dans l'inventaire de chaque unité de travail. Notez les postes froids, leur cotation et les mesures prévues, avec une date.

Le CSE peut-il agir sur la température des locaux ?

Il donne son avis, avec le médecin du travail, sur les mesures de protection contre le froid (article R.4223-15). En cas de danger grave et imminent, un de ses membres alerte l'employeur, qui enquête immédiatement avec lui.

Références utilisées

Dernière vérification des références : 21 octobre 2026. Les repères de température cités sont ceux publiés par l'INRS ; ils ne constituent pas des seuils réglementaires.

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Guide complet du DUERP · Fiche travail au froid