Matière en fusion et projections
Criticité maximaleMétal en fusion, soudure, plastique fondu, bitume chaud. Les projections atteignent le visage et les mains et causent des brûlures profondes quasi instantanées.
Action prioritaire dans le plan
Friteuse, four, vapeur, métal en fusion, bitume chaud : la brûlure thermique est un accident fréquent dans les cuisines et les ateliers. Voici comment l'évaluer et protéger vos salariés.
Source INRS
Définition
La brûlure thermique résulte d'un contact avec une source de chaleur : surface ou objet chaud (four, plaque, échappement), liquide ou vapeur brûlants (huile, eau, vapeur sous pression), flamme, ou projection de matière en fusion (métal, plastique, bitume). On la distingue de la brûlure chimique et de la brûlure électrique.
Sa gravité dépend de la température, de la durée du contact et de la surface touchée. Une projection d'huile bouillante ou de métal en fusion peut causer des brûlures profondes en une fraction de seconde, avec des séquelles durables.
C'est un accident fréquent en cuisine et dans les ateliers chauds, souvent banalisé. Pourtant, une brûlure étendue est une urgence, et même une brûlure « ordinaire » peut entraîner un arrêt de travail et une incapacité.
Les projections sont les plus graves car elles atteignent le visage ; les contacts, les plus fréquents.
Métal en fusion, soudure, plastique fondu, bitume chaud. Les projections atteignent le visage et les mains et causent des brûlures profondes quasi instantanées.
Action prioritaire dans le plan
Huile de friture, eau bouillante, vapeur sous pression. Les projections au versement, à l'égouttage ou à l'ouverture d'un récipient sous pression sont une cause majeure de brûlures.
Fours, plaques, moules, échappements, conduites de vapeur. Le contact, souvent involontaire, avec une surface non protégée ni signalée brûle en un instant.
Brûleurs, chalumeau, travaux par points chauds. La flamme nue et les étincelles brûlent et peuvent en plus déclencher un incendie.
Cadence en cuisine, manipulation de plats chauds à mains nues, récipients sans poignée isolée. La précipitation multiplie les contacts accidentels.
Manique trempée (qui conduit la chaleur), gants non thermiques, manches courtes près d'une source chaude. Une protection inadaptée n'en est pas une.
En cuisine et dans tous les ateliers qui chauffent, soudent ou coulent de la matière.
Également très exposés :
Cadre légal
Aucune section ne traite spécifiquement des brûlures thermiques, mais l'obligation de sécurité s'applique : l'employeur évalue le risque (article L.4121-1) et le transcrit au DUERP (article R.4121-1). Les principes généraux de prévention imposent de réduire le risque à la source avant d'équiper l'opérateur.
Les équipements de travail doivent être conçus et installés pour limiter le contact avec les parties chaudes : isolation, protection et signalisation des surfaces, dispositifs limitant les projections. Pour les travaux par points chauds (soudure, chalumeau), un permis de feu encadre l'opération et prévient aussi l'incendie.
Les EPI thermiques (gants, tabliers, écrans faciaux, vêtements adaptés) complètent ces mesures. Une brûlure étendue ou profonde est un accident du travail à déclarer, et la conduite à tenir (refroidir, alerter) doit être connue de tous.
Évaluation
Repérez, par unité de travail, les sources de chaleur : friteuses, fours, plaques, autoclaves, postes de soudure, fontes, bitume. Notez les opérations à risque de contact ou de projection (versement, ouverture, manipulation à chaud) et leur fréquence.
Pour chaque source, vérifiez l'isolation et la signalisation des surfaces chaudes, la présence de dispositifs anti-projection, les EPI thermiques disponibles, et l'organisation (temps de refroidissement, manipulation à deux). Distinguez le contact accidentel de la projection, qui touche le visage.
Cotez gravité × fréquence : la gravité d'une projection de matière en fusion est maximale, celle d'un contact bref plus modérée. Notre [guide de cotation des risques](/guides/cotation-risques-gravite-frequence) aide à hiérarchiser les mesures.
On agit d'abord pour supprimer le contact possible avec la chaleur, puis on protège, puis on prépare la réaction en cas de brûlure.
Isolation thermique des surfaces, capotage, écrans anti-projection, signalisation des parties chaudes. Une surface chaude protégée ou signalée brûle beaucoup moins souvent.
Réduire les manipulations à chaud, laisser refroidir avant intervention, éviter le transport de récipients brûlants à mains nues, encadrer les travaux par points chauds par un permis de feu.
Gants résistants à la chaleur et secs, tabliers, manchettes, écrans faciaux pour la soudure, vêtements couvrants près des sources. Une manique humide conduit la chaleur : elle ne protège pas.
Afficher les gestes en cas de brûlure (refroidir à l'eau tempérée, ne pas percer les cloques, alerter les secours pour les brûlures graves), former le personnel, garder une trousse de premiers secours adaptée.
Repérer le risque brûlures thermiques est une chose. Le faire vivre dans un Document Unique complet, par unité de travail, avec une cotation cohérente et un plan d'actions daté, en est une autre.
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FAQ
Les points qui reviennent le plus souvent au moment de traiter ce risque dans le DUERP.
Oui, dès qu'il existe une source de chaleur exposant les salariés : friteuse, four, vapeur, soudure, bitume. C'est un accident fréquent, en particulier en cuisine et dans les ateliers chauds, qui doit être évalué par unité de travail.
La brûlure thermique vient d'une source de chaleur (contact, liquide, vapeur, flamme, fusion). La brûlure chimique vient d'un produit corrosif, la brûlure électrique du passage du courant. Les causes et la prévention diffèrent, même si la lésion peut se ressembler.
À condition qu'elle soit sèche et adaptée. Une manique humide conduit la chaleur et aggrave la brûlure. Il faut des protections thermiques en bon état, et surtout réduire les manipulations de récipients brûlants à mains nues.
C'est une autorisation écrite encadrant les travaux par points chauds (soudure, meulage, chalumeau) hors des zones prévues. Il vise à prévenir à la fois les brûlures et l'incendie, en vérifiant l'environnement et les moyens d'extinction avant l'opération.
Refroidir la zone à l'eau tempérée pendant plusieurs minutes, ne pas percer les cloques, retirer ce qui n'adhère pas à la peau, et alerter les secours pour toute brûlure étendue, profonde ou au visage. La conduite à tenir doit être affichée et connue.
Oui, particulièrement. En étanchéité et en voirie, le bitume chaud provoque des brûlures graves par projection ou contact. Manipulation encadrée, EPI adaptés et organisation prudente sont indispensables, et le risque doit figurer au DUERP.
Risques liés
Sources
Informations vérifiées auprès des sources officielles (INRS, Code du travail, Assurance Maladie). Pour un point réglementaire précis, reportez-vous au texte d'origine.
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