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Risque professionnel

Brûlures thermiques : les évaluer dans votre DUERP

Friteuse, four, vapeur, métal en fusion, bitume chaud : la brûlure thermique est un accident fréquent dans les cuisines et les ateliers. Voici comment l'évaluer et protéger vos salariés.

En une seconde
une projection brûlante cause des lésions profondes en un instant

Source INRS

3 sources
contact, liquide ou vapeur, projection de matière en fusion
Isoler d'abord
protéger la source de chaleur avant d'équiper la main

Définition

D'où viennent les brûlures thermiques ?

La brûlure thermique résulte d'un contact avec une source de chaleur : surface ou objet chaud (four, plaque, échappement), liquide ou vapeur brûlants (huile, eau, vapeur sous pression), flamme, ou projection de matière en fusion (métal, plastique, bitume). On la distingue de la brûlure chimique et de la brûlure électrique.

Sa gravité dépend de la température, de la durée du contact et de la surface touchée. Une projection d'huile bouillante ou de métal en fusion peut causer des brûlures profondes en une fraction de seconde, avec des séquelles durables.

C'est un accident fréquent en cuisine et dans les ateliers chauds, souvent banalisé. Pourtant, une brûlure étendue est une urgence, et même une brûlure « ordinaire » peut entraîner un arrêt de travail et une incapacité.

Facteurs de risque

Ce qui provoque les brûlures

Les projections sont les plus graves car elles atteignent le visage ; les contacts, les plus fréquents.

Matière en fusion et projections

Criticité maximale

Métal en fusion, soudure, plastique fondu, bitume chaud. Les projections atteignent le visage et les mains et causent des brûlures profondes quasi instantanées.

Action prioritaire dans le plan

Liquides et vapeur brûlants

Risque élevé

Huile de friture, eau bouillante, vapeur sous pression. Les projections au versement, à l'égouttage ou à l'ouverture d'un récipient sous pression sont une cause majeure de brûlures.

Surfaces et objets chauds

Risque élevé

Fours, plaques, moules, échappements, conduites de vapeur. Le contact, souvent involontaire, avec une surface non protégée ni signalée brûle en un instant.

Flammes et points chauds

Risque élevé

Brûleurs, chalumeau, travaux par points chauds. La flamme nue et les étincelles brûlent et peuvent en plus déclencher un incendie.

Gestes dans l'urgence

À surveiller

Cadence en cuisine, manipulation de plats chauds à mains nues, récipients sans poignée isolée. La précipitation multiplie les contacts accidentels.

Protections inadaptées

À surveiller

Manique trempée (qui conduit la chaleur), gants non thermiques, manches courtes près d'une source chaude. Une protection inadaptée n'en est pas une.

Secteurs exposés

Où surviennent les brûlures thermiques ?

En cuisine et dans tous les ateliers qui chauffent, soudent ou coulent de la matière.

Également très exposés :

  • Hôtellerie-restauration (cuisines)
  • Industrie (fonderies, verreries)
  • Soudure et métallurgie
  • Couverture et étanchéité

Cadre légal

Isoler la source, protéger l'opérateur

Aucune section ne traite spécifiquement des brûlures thermiques, mais l'obligation de sécurité s'applique : l'employeur évalue le risque (article L.4121-1) et le transcrit au DUERP (article R.4121-1). Les principes généraux de prévention imposent de réduire le risque à la source avant d'équiper l'opérateur.

Les équipements de travail doivent être conçus et installés pour limiter le contact avec les parties chaudes : isolation, protection et signalisation des surfaces, dispositifs limitant les projections. Pour les travaux par points chauds (soudure, chalumeau), un permis de feu encadre l'opération et prévient aussi l'incendie.

Les EPI thermiques (gants, tabliers, écrans faciaux, vêtements adaptés) complètent ces mesures. Une brûlure étendue ou profonde est un accident du travail à déclarer, et la conduite à tenir (refroidir, alerter) doit être connue de tous.

Évaluation

Comment évaluer le risque de brûlure dans le DUERP

Repérez, par unité de travail, les sources de chaleur : friteuses, fours, plaques, autoclaves, postes de soudure, fontes, bitume. Notez les opérations à risque de contact ou de projection (versement, ouverture, manipulation à chaud) et leur fréquence.

Pour chaque source, vérifiez l'isolation et la signalisation des surfaces chaudes, la présence de dispositifs anti-projection, les EPI thermiques disponibles, et l'organisation (temps de refroidissement, manipulation à deux). Distinguez le contact accidentel de la projection, qui touche le visage.

Cotez gravité × fréquence : la gravité d'une projection de matière en fusion est maximale, celle d'un contact bref plus modérée. Notre [guide de cotation des risques](/guides/cotation-risques-gravite-frequence) aide à hiérarchiser les mesures.

Prévention

Éloigner la chaleur, protéger, réagir

On agit d'abord pour supprimer le contact possible avec la chaleur, puis on protège, puis on prépare la réaction en cas de brûlure.

  1. 1

    Isoler et signaler les sources chaudes

    Isolation thermique des surfaces, capotage, écrans anti-projection, signalisation des parties chaudes. Une surface chaude protégée ou signalée brûle beaucoup moins souvent.

  2. 2

    Adapter les procédés et l'organisation

    Réduire les manipulations à chaud, laisser refroidir avant intervention, éviter le transport de récipients brûlants à mains nues, encadrer les travaux par points chauds par un permis de feu.

  3. 3

    Fournir des EPI thermiques adaptés

    Gants résistants à la chaleur et secs, tabliers, manchettes, écrans faciaux pour la soudure, vêtements couvrants près des sources. Une manique humide conduit la chaleur : elle ne protège pas.

  4. 4

    Préparer la conduite à tenir

    Afficher les gestes en cas de brûlure (refroidir à l'eau tempérée, ne pas percer les cloques, alerter les secours pour les brûlures graves), former le personnel, garder une trousse de premiers secours adaptée.

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FAQ

Vos questions sur le risque brûlures thermiques

Les points qui reviennent le plus souvent au moment de traiter ce risque dans le DUERP.

La brûlure thermique doit-elle figurer au DUERP ?

Oui, dès qu'il existe une source de chaleur exposant les salariés : friteuse, four, vapeur, soudure, bitume. C'est un accident fréquent, en particulier en cuisine et dans les ateliers chauds, qui doit être évalué par unité de travail.

Quelle différence avec une brûlure chimique ou électrique ?

La brûlure thermique vient d'une source de chaleur (contact, liquide, vapeur, flamme, fusion). La brûlure chimique vient d'un produit corrosif, la brûlure électrique du passage du courant. Les causes et la prévention diffèrent, même si la lésion peut se ressembler.

Une manique suffit-elle en cuisine ?

À condition qu'elle soit sèche et adaptée. Une manique humide conduit la chaleur et aggrave la brûlure. Il faut des protections thermiques en bon état, et surtout réduire les manipulations de récipients brûlants à mains nues.

Qu'est-ce qu'un permis de feu ?

C'est une autorisation écrite encadrant les travaux par points chauds (soudure, meulage, chalumeau) hors des zones prévues. Il vise à prévenir à la fois les brûlures et l'incendie, en vérifiant l'environnement et les moyens d'extinction avant l'opération.

Que faire en cas de brûlure ?

Refroidir la zone à l'eau tempérée pendant plusieurs minutes, ne pas percer les cloques, retirer ce qui n'adhère pas à la peau, et alerter les secours pour toute brûlure étendue, profonde ou au visage. La conduite à tenir doit être affichée et connue.

Le bitume chaud est-il concerné ?

Oui, particulièrement. En étanchéité et en voirie, le bitume chaud provoque des brûlures graves par projection ou contact. Manipulation encadrée, EPI adaptés et organisation prudente sont indispensables, et le risque doit figurer au DUERP.

Sources

Références consultées

Informations vérifiées auprès des sources officielles (INRS, Code du travail, Assurance Maladie). Pour un point réglementaire précis, reportez-vous au texte d'origine.

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