Travail en extérieur exposé
Criticité maximaleChantiers, travaux agricoles, voirie en plein soleil pendant un épisode caniculaire. L'exposition directe au rayonnement, sans ombre, est la situation la plus dangereuse.
Action prioritaire dans le plan
La chaleur peut tuer au travail. Depuis 2025, l'employeur doit intégrer le risque de fortes chaleurs au DUERP et prendre des mesures concrètes. Voici ce qui change et comment l'évaluer.
Source Légifrance
Source Décret 2025-482
Source INRS
Définition
La chaleur au travail devient un risque dès que l'organisme peine à maintenir sa température. Les signes montent par paliers : fatigue, sueurs abondantes, maux de tête, nausées, crampes, vertiges. Au bout, le coup de chaleur, une urgence vitale qui peut être mortelle.
Deux contextes coexistent. La chaleur ambiante des postes chauds (cuisines, fonderies, blanchisseries, soudure) est présente toute l'année. Les épisodes de canicule, eux, sont saisonniers et frappent surtout le travail en extérieur, dans le BTP et l'agriculture.
Il n'existe pas de température maximale légale de travail. L'INRS retient des repères de vigilance, autour de 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour un travail physique, mais le danger dépend de l'effort, de l'humidité, des vêtements et de la durée, pas d'un seul chiffre.
La température ambiante n'est qu'un facteur. L'effort, le soleil, les vêtements et l'hydratation font le reste.
Chantiers, travaux agricoles, voirie en plein soleil pendant un épisode caniculaire. L'exposition directe au rayonnement, sans ombre, est la situation la plus dangereuse.
Action prioritaire dans le plan
Plus l'activité est physique, plus le corps produit de chaleur. Un travail de force en extérieur ou près d'une source chaude cumule chaleur interne et externe.
Cuisines, fours, fonderies, blanchisseries, ateliers de soudure. La chaleur y est un risque toute l'année, indépendamment de la météo.
Boire trop peu, surtout à l'effort, conduit vite à la déshydratation. L'eau fraîche disponible en permanence n'est pas un confort, c'est une mesure de sécurité.
Combinaisons, EPI imperméables, tenues couvrantes empêchent l'évaporation de la sueur et accumulent la chaleur. Ce qui protège d'un risque peut en aggraver un autre.
Un salarié non habitué, un intérimaire, un retour de congés sont plus vulnérables. L'acclimatation à la chaleur demande plusieurs jours.
Les métiers d'extérieur l'été, et les postes chauds toute l'année.
Également très exposés :
Cadre légal
L'obligation générale de sécurité (article L.4121-1) s'est précisée. Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur impose, depuis le 1er juillet 2025, d'intégrer explicitement le risque de fortes chaleurs au DUERP.
Le texte fixe des obligations concrètes. L'employeur met à disposition de l'eau potable et fraîche ; lorsque l'eau courante est impossible, au moins trois litres par jour et par travailleur. Un arrêté du 27 mai 2025 cale les seuils de vigilance sur les trois niveaux du dispositif Météo-France : **vigilance jaune** (pic de chaleur d'un à deux jours présentant un risque pour la santé), **vigilance orange** (canicule, chaleur intense et durable) et **vigilance rouge** (canicule extrême).
À chaque niveau correspond une intensité d'obligations. En jaune, l'employeur réévalue les risques et active les premières mesures (eau, rappel des consignes, vigilance accrue sur les vulnérables). En orange, il déclenche les adaptations planifiées (horaires décalés, allégement des tâches, pauses renforcées). En rouge, il peut être amené à suspendre l'activité si les mesures prises restent insuffisantes au regard des conditions.
Le décret liste les mesures à mobiliser en cas de chaleur intense : procédés moins exposants, aménagement des lieux et des postes, adaptation des horaires et de l'organisation, réduction du rayonnement solaire et de l'accumulation de chaleur, eau potable et fraîche en quantité suffisante. Ces mesures se planifient dans le DUERP, pas au dernier moment.
**Sanction du défaut.** L'employeur qui méconnaît, de sa faute personnelle, les dispositions des décrets pris en Conseil d'État (dont le décret chaleur) encourt une amende prévue par l'article L.4741-1 du Code du travail : 10 000 € par travailleur concerné. À cela peut s'ajouter, en cas d'accident grave, la reconnaissance d'une faute inexcusable de l'employeur.
Évaluation
Distinguez les postes chauds permanents et les postes exposés aux épisodes caniculaires. Pour chacun, notez la température, l'effort physique, l'exposition au soleil, les vêtements et EPI, et la durée. Le risque naît de la combinaison, pas d'un seul facteur.
Anticipez les épisodes de chaleur intense plutôt que de les subir. Le décret de 2025 demande précisément de prévoir, dans le DUERP, les mesures à déclencher selon les niveaux de vigilance : aménagement des horaires, pauses, hydratation renforcée, report des tâches les plus pénibles.
Cotez gravité × fréquence. La gravité peut être maximale (coup de chaleur), la fréquence varie selon la saison et le poste. Notre [guide de cotation des risques](/guides/cotation-risques-gravite-frequence) aide à intégrer ce caractère saisonnier.
La prévention de la chaleur se prépare en amont et se déclenche par paliers, selon la vigilance météo.
Ombrières et zones ombragées en extérieur, ventilation et rafraîchissement des locaux, réduction du rayonnement solaire, isolation des sources de chaleur. On agit d'abord sur l'environnement.
Décaler les horaires aux heures fraîches, alléger les tâches physiques aux heures chaudes, augmenter les pauses, prévoir la rotation. Reporter ce qui peut l'être quand l'alerte est forte.
Eau fraîche disponible en permanence (au moins trois litres par jour et par travailleur quand l'eau courante manque), acclimatation progressive, vigilance accrue sur les nouveaux et les intérimaires.
Reconnaître les signes du coup de chaleur, connaître les gestes d'urgence, savoir alerter les secours. Un coup de chaleur est une urgence vitale : chaque minute compte.
Repérer le risque chaleur est une chose. Le faire vivre dans un Document Unique complet, par unité de travail, avec une cotation cohérente et un plan d'actions daté, en est une autre.
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FAQ
Les points qui reviennent le plus souvent au moment de traiter ce risque dans le DUERP.
Non. Le Code du travail ne fixe pas de seuil maximal. L'INRS retient des repères de vigilance (autour de 30 °C en activité sédentaire, 28 °C en activité physique), mais le danger dépend de l'effort, de l'humidité et des vêtements, pas d'un chiffre unique.
Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 impose, depuis le 1er juillet 2025, d'intégrer le risque de fortes chaleurs au DUERP, de fournir de l'eau fraîche (au moins trois litres par jour par travailleur quand l'eau courante manque) et de prévoir des mesures déclenchées selon les niveaux de vigilance météo.
L'arrêté du 27 mai 2025 cale les obligations sur les trois niveaux de Météo-France. Vigilance jaune (pic de chaleur d'un à deux jours) : réévaluation des risques, eau fraîche disponible, rappel des consignes, surveillance accrue des vulnérables. Vigilance orange (canicule durable) : déclenchement des adaptations planifiées au DUERP, horaires décalés, allégement des tâches, pauses renforcées. Vigilance rouge (canicule extrême) : suspension de l'activité possible si les mesures restent insuffisantes au regard des conditions.
L'article L.4741-1 du Code du travail prévoit, pour la méconnaissance d'un décret en Conseil d'État pris en application du livre du travail (dont le décret n° 2025-482), une amende de 10 000 € par travailleur concerné. À cela peut s'ajouter, en cas d'accident grave, la reconnaissance d'une faute inexcusable de l'employeur, aux conséquences financières bien plus élevées.
Oui. Les postes chauds (cuisines, fours, fonderies, blanchisseries) exposent toute l'année, indépendamment de la météo. La canicule s'y ajoute. Ces postes doivent figurer au DUERP au même titre que le travail en extérieur.
Pas automatiquement, mais vous devez adapter : aménager les horaires, alléger les tâches, renforcer l'hydratation et les pauses, suspendre les travaux les plus pénibles aux pics. En cas de danger grave et imminent, l'arrêt s'impose.
De l'eau potable et fraîche en permanence. Quand il est impossible de disposer d'eau courante, le décret fixe un minimum de trois litres par jour et par travailleur. C'est un plancher, à augmenter selon la chaleur et l'effort.
Oui. L'acclimatation à la chaleur demande plusieurs jours. Un salarié récemment arrivé, un intérimaire ou un travailleur de retour de congés est plus vulnérable. Adaptez sa charge et surveillez ses premiers jours de près.
Risques liés
Sources
Informations vérifiées auprès des sources officielles (INRS, Code du travail, Assurance Maladie). Pour un point réglementaire précis, reportez-vous au texte d'origine.
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