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Risque professionnel

Risque chimique : l'évaluer dans votre DUERP

Colles, solvants, peintures, poussières, gaz d'échappement : les produits chimiques sont partout, et certains sont cancérogènes. Voici comment repérer l'exposition et la maîtriser dans votre Document Unique.

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salariés exposés à au moins un produit chimique

Source DARES (SUMER)

3 voies
d'exposition : inhalation, contact cutané, ingestion
CMR
cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques : substitution obligatoire

Définition

Qu'est-ce que le risque chimique ?

Le risque chimique, c'est l'exposition à des agents chimiques dangereux : produits étiquetés (solvants, acides, peintures, produits d'entretien) mais aussi émissions de procédés (poussières de bois, fumées de soudage, gaz d'échappement). Beaucoup de dangers ne portent aucune étiquette.

Trois voies font entrer ces agents dans le corps : l'inhalation (vapeurs, gaz, poussières, fumées), le contact cutané et l'ingestion. Les effets vont de l'intoxication aiguë (brûlure, malaise) à des atteintes chroniques des poumons, des nerfs, du cerveau ou des reins, parfois des années plus tard.

Une catégorie demande une vigilance maximale : les agents CMR, cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Pour eux, la loi impose la substitution chaque fois qu'elle est techniquement possible. C'est le seul risque où « faire attention » ne suffit jamais.

Facteurs de risque

Ce qui crée l'exposition

Le danger d'un produit, la façon dont on l'utilise et la durée d'exposition se combinent. Aucun de ces trois éléments ne se lit isolément.

Agents CMR

Criticité maximale

Cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques : poussières de bois, silice cristalline, certains solvants, fumées de soudage, gaz d'échappement diesel. Substitution obligatoire, suivi médical renforcé, traçabilité des expositions.

Action prioritaire dans le plan

Inhalation de vapeurs et poussières

Risque élevé

Vapeurs de solvants, poussières fines, fumées, aérosols. La voie respiratoire est la principale porte d'entrée, souvent invisible et inodore.

Contact cutané

Risque élevé

Manipulation sans gants, projections, immersion des mains. Certains produits passent la peau, d'autres provoquent allergies, eczémas et brûlures chimiques.

Produits sans étiquette

Risque élevé

Émissions de procédés (soudage, combustion, ponçage), mélanges réalisés sur place, contenants reconditionnés non étiquetés. Le danger existe même sans pictogramme.

Stockage et incompatibilités

À surveiller

Produits incompatibles côte à côte, absence de rétention, local mal ventilé. Le stockage transforme un risque maîtrisé à l'usage en danger permanent.

Méconnaissance des FDS

À surveiller

Fiches de données de sécurité absentes, périmées ou jamais lues. Sans la FDS, impossible de connaître les dangers réels d'un produit et les mesures à prendre.

Secteurs exposés

Qui est exposé aux produits chimiques ?

Bien au-delà de l'industrie : nettoyage, coiffure, agriculture et BTP manipulent quotidiennement des produits dangereux.

Également très exposés :

  • Nettoyage et propreté
  • Pressing et blanchisserie
  • Industrie chimique et pharmaceutique
  • Imprimerie et laboratoires

Cadre légal

Évaluer, substituer, tracer

Le risque chimique est encadré par les articles R.4412-1 et suivants du Code du travail : règles générales pour les agents chimiques dangereux (R.4412-1 à R.4412-57) et règles renforcées pour les CMR (R.4412-59 et suivants). L'évaluation (articles R.4412-5 et suivants) est consignée dans le DUERP.

Le point de départ, c'est l'inventaire des produits et la lecture des fiches de données de sécurité (FDS), que le fournisseur doit remettre gratuitement. L'étiquetage CLP (pictogrammes de danger) et les valeurs limites d'exposition professionnelle (VLEP, articles R.4412-149 et suivants) complètent l'analyse.

Pour les agents CMR, la substitution par un produit ou un procédé moins dangereux est une obligation, pas une option, dès qu'elle est techniquement possible. S'y ajoutent un suivi médical renforcé et une traçabilité des expositions. Plusieurs maladies professionnelles (cancers, affections respiratoires, eczémas) sont rattachées à des tableaux dédiés.

Évaluation

Comment évaluer le risque chimique dans le DUERP

Commencez par l'inventaire : listez tous les produits utilisés et émis, par unité de travail. N'oubliez pas les produits « invisibles » (poussières, fumées, gaz) qui ne s'achètent pas en bidon. Rassemblez les FDS correspondantes.

Pour chaque produit, repérez les dangers (pictogrammes, mentions de danger H), les voies d'exposition, la quantité, la fréquence et la durée d'usage. Un produit très dangereux utilisé rarement et un produit modéré utilisé en continu n'appellent pas la même réponse.

Cotez gravité × fréquence en tenant compte du danger intrinsèque et de l'exposition réelle. L'INRS propose l'outil gratuit Seirich, conçu pour les TPE et PME. Notre [guide de cotation des risques](/guides/cotation-risques-gravite-frequence) vous aide ensuite à hiérarchiser les actions.

Prévention

Supprimer, capter, protéger

L'ordre est imposé par la loi : on supprime ou on substitue avant de ventiler, et on ventile avant de distribuer des masques.

  1. 1

    Supprimer ou substituer

    La première question : ai-je vraiment besoin de ce produit ? Peut-on le remplacer par un moins dangereux, ou changer de procédé ? Pour les agents CMR, la substitution est une obligation légale dès qu'elle est possible.

  2. 2

    Travailler en vase clos

    Quand le produit reste nécessaire, on l'isole : procédé fermé, automatisation, encoffrement. Moins le produit est en contact avec l'air et les salariés, moins il y a d'exposition.

  3. 3

    Capter à la source

    Ventilation et aspiration au plus près de l'émission (sorbonne, bras aspirant, table aspirante), avant que vapeurs et poussières ne se diffusent. La ventilation générale ne remplace jamais le captage local.

  4. 4

    Organiser, protéger, suivre

    Stockage sécurisé avec rétention, FDS accessibles, EPI adaptés (gants compatibles, protection respiratoire) en dernier recours, formation et suivi médical. Les EPI complètent les mesures collectives, ils ne les remplacent pas.

Avec DUERP Gestion

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Repérer le risque risque chimique est une chose. Le faire vivre dans un Document Unique complet, par unité de travail, avec une cotation cohérente et un plan d'actions daté, en est une autre.

DUERP Gestion part de votre secteur, propose les unités de travail et les risques typiques (dont celui-ci quand il s'applique), calcule la criticité gravité × fréquence, et reconstruit le document avec page de garde, plan d'actions consolidé et signatures.

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FAQ

Vos questions sur le risque risque chimique

Les points qui reviennent le plus souvent au moment de traiter ce risque dans le DUERP.

Quels produits doivent figurer dans l'évaluation ?

Tous les agents chimiques dangereux : produits étiquetés (solvants, acides, produits d'entretien) mais aussi ceux émis par les procédés (poussières de bois, fumées de soudage, gaz d'échappement). Ces derniers, sans étiquette, sont souvent les plus oubliés.

Qu'est-ce qu'une FDS et qui doit me la fournir ?

La fiche de données de sécurité décrit les dangers d'un produit et les précautions d'emploi, en 16 rubriques. Le fournisseur doit la remettre gratuitement. Sans elle, vous ne pouvez ni évaluer correctement le risque ni choisir les bonnes protections.

Qu'est-ce qu'un agent CMR ?

Un agent cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction. La réglementation impose des règles renforcées : substitution obligatoire quand elle est possible, travail en vase clos, suivi médical renforcé et traçabilité des expositions des salariés concernés.

Les EPI suffisent-ils pour être en règle ?

Non. Gants et masques sont le dernier recours. La loi impose d'abord de supprimer ou substituer le produit, puis de travailler en vase clos et de capter à la source. Distribuer des EPI sans agir en amont ne suffit pas à remplir l'obligation.

Mon salon ou mon exploitation est-il concerné ?

Oui. Colorations et lissages en coiffure, produits phytosanitaires en agriculture, peintures et solvants en garage : ces secteurs manipulent des agents dangereux au quotidien. Le risque chimique n'est pas réservé à l'industrie lourde.

Comment évaluer un risque que je ne vois pas ?

En partant des FDS et de l'observation des procédés, puis, si besoin, par des mesures d'atmosphère comparées aux VLEP. L'INRS met à disposition l'outil Seirich, gratuit, conçu pour aider les TPE et PME à évaluer leur risque chimique.

Sources

Références consultées

Informations vérifiées auprès des sources officielles (INRS, Code du travail, Assurance Maladie). Pour un point réglementaire précis, reportez-vous au texte d'origine.

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