Bruits impulsionnels
Criticité maximaleChocs, détonations, coups de presse. Un pic supérieur à 135 dB(C) peut léser l'oreille instantanément, même isolé. Ces bruits brefs sont souvent sous-estimés.
Action prioritaire dans le plan
Le bruit ne fait pas que fatiguer : au-delà de 80 décibels, il abîme l'audition de façon irréversible. Voici les seuils à connaître et la méthode pour évaluer l'exposition de vos salariés.
Source Code du travail
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Définition
Le bruit devient un risque professionnel dès que l'exposition dépasse certains niveaux ou durées. L'oreille est en danger à partir de 80 décibels (dB(A)) sur une journée de 8 heures. Un niveau instantané supérieur à 135 dB(C) est dangereux même quelques secondes.
Les effets se classent en deux temps. La fatigue auditive est réversible : l'oreille récupère après le bruit. La surdité, elle, est irréversible, car les cellules détruites ne repoussent pas. S'y ajoutent acouphènes, stress, troubles du sommeil et fatigue, qui dégradent la vigilance.
La surdité professionnelle figure parmi les maladies reconnues, au titre du tableau n° 42. Elle s'installe en silence, sur des années. Quand le salarié s'en plaint, le mal est souvent déjà fait : voilà pourquoi le bruit se traite en amont, pas au moment des symptômes.
Le risque dépend du niveau, de la durée et de la nature du bruit. Trois paramètres à croiser, jamais un seul.
Chocs, détonations, coups de presse. Un pic supérieur à 135 dB(C) peut léser l'oreille instantanément, même isolé. Ces bruits brefs sont souvent sous-estimés.
Action prioritaire dans le plan
Machines, outils, lignes de production. Au-delà de 80 dB(A), le risque grimpe vite : chaque tranche de 3 dB double l'énergie sonore reçue par l'oreille.
Le risque dépend du niveau et du temps. C'est l'exposition cumulée sur la journée qui compte : huit heures à 85 dB(A) exposent autant qu'une exposition plus courte mais plus intense.
Des bouchons mal posés ou un casque retiré « cinq minutes » réduisent fortement la protection réelle. L'efficacité dépend du port effectif et continu, pas de la simple mise à disposition.
Locaux nus, parois dures, plafonds bas. La réverbération amplifie le bruit ambiant et la fatigue, même quand chaque machine prise isolément reste modérée.
Plusieurs machines, ventilation, allées et venues. Le bruit de fond cumulé monte vite, et on l'oublie parce qu'on finit par s'y habituer.
Repère simple : s'il faut hausser la voix pour se faire entendre à un mètre, l'exposition dépasse probablement 80 dB(A).
Également très exposés :
Cadre légal
La prévention du bruit est encadrée par les articles R.4431-1 et suivants du Code du travail. L'employeur doit évaluer, et si besoin mesurer, les niveaux d'exposition, puis transcrire le résultat au DUERP (article R.4121-1). Trois seuils déclenchent des obligations croissantes.
À 80 dB(A) (valeur d'exposition inférieure), l'employeur met des protections auditives à disposition, informe et forme les salariés, et propose un examen audiométrique. À 85 dB(A) (valeur supérieure), le port des protections devient obligatoire, les zones bruyantes sont signalées et un programme de réduction est engagé.
À 87 dB(A) (valeur limite d'exposition, mesurée sous la protection), le seuil ne doit jamais être dépassé : l'action est immédiate. Ces valeurs s'accompagnent de seuils de bruit de crête (135, 137 et 140 dB(C)). La surdité provoquée par le bruit relève du tableau n° 42 des maladies professionnelles.
Évaluation
Commencez simple : si vos salariés doivent élever la voix pour se comprendre à un mètre, l'exposition dépasse probablement 80 dB(A). Ce test du « bras tendu » signale les unités de travail à examiner de près.
Pour objectiver, une mesure de bruit (sonométrie ou dosimétrie), réalisée par un organisme ou avec l'appui de la Carsat, précise les niveaux réels par poste. Notez le niveau, la durée d'exposition et les bruits de crête : c'est ce qui situe chaque poste par rapport aux trois seuils.
Cotez ensuite gravité × fréquence en intégrant la durée quotidienne d'exposition. Notre [guide de cotation des risques](/guides/cotation-risques-gravite-frequence) explique comment traduire ces mesures en niveaux de priorité dans le plan d'actions.
La protection auditive est la dernière ligne de défense, pas la première. La loi impose d'agir d'abord sur le bruit lui-même.
Machines moins bruyantes dès l'achat, entretien (un roulement usé hurle), encoffrement et capotage, silencieux sur les échappements. Réduire le bruit là où il naît profite à tout l'atelier.
Écrans acoustiques, cloisonnement des postes bruyants, traitement absorbant des parois et plafonds. On empêche le bruit de se répandre et de se réverbérer dans le local.
Éloigner les postes des sources, limiter le temps d'exposition par rotation, isoler les opérations bruyantes dans le temps. Moins de personnes exposées, moins longtemps.
Bouchons ou casques adaptés au niveau et au poste, choisis avec les salariés pour le confort, portés en continu. Une protection retirée « cinq minutes » perd l'essentiel de son efficacité. Audiogrammes de suivi à la clé.
Repérer le risque bruit est une chose. Le faire vivre dans un Document Unique complet, par unité de travail, avec une cotation cohérente et un plan d'actions daté, en est une autre.
DUERP Gestion part de votre secteur, propose les unités de travail et les risques typiques (dont celui-ci quand il s'applique), calcule la criticité gravité × fréquence, et reconstruit le document avec page de garde, plan d'actions consolidé et signatures.
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FAQ
Les points qui reviennent le plus souvent au moment de traiter ce risque dans le DUERP.
Dès 80 décibels (dB(A)) sur une journée de 8 heures, l'oreille est en danger et les premières obligations s'appliquent. Un bruit de crête supérieur à 135 dB(C) est dangereux même très bref. En pratique, devoir élever la voix à un mètre est déjà un signal d'alerte.
L'évaluation est obligatoire ; la mesure le devient dès qu'un dépassement des seuils est possible. Une sonométrie ou une dosimétrie, souvent appuyée par la Carsat, objective les niveaux par poste et sécurise votre cotation dans le DUERP.
Non. La protection individuelle est le dernier recours. La loi impose d'abord de réduire le bruit à la source et sa propagation. À 85 dB(A), le port devient obligatoire, mais cela ne dispense pas du programme de réduction du bruit.
Oui, au titre du tableau n° 42 des maladies professionnelles. Elle est irréversible : les cellules auditives détruites ne se régénèrent pas. D'où l'importance de la prévention et du suivi audiométrique avant l'apparition des symptômes.
Oui. Au-delà de la surdité, le bruit génère fatigue, stress, troubles du sommeil et effets cardiovasculaires, et il dégrade la concentration. Un environnement bruyant augmente aussi le risque d'accident en masquant les signaux d'alerte.
Rarement au niveau de la surdité, mais le bruit ambiant d'un open space relève de la gêne et de la fatigue, qui touchent à la santé et à la qualité du travail. Il a sa place dans l'évaluation, même en dessous des seuils réglementaires.
Risques liés
Sources
Informations vérifiées auprès des sources officielles (INRS, Code du travail, Assurance Maladie). Pour un point réglementaire précis, reportez-vous au texte d'origine.
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