Plan canicule entreprise : le modèle à annexer au DUERP
Depuis le décret du 27 mai 2025, prévoir des mesures chaleur n'est plus une option. Voici un modèle de plan canicule en huit volets, prêt à transposer à votre activité et à annexer à votre Document Unique.
En 30 secondes
Ce que doit contenir un plan canicule
- Un référent désigné et une veille météo quotidienne en période estivale.
- Des mesures graduées selon les trois niveaux de vigilance (jaune, orange, rouge).
- L'hydratation comme première mesure de sécurité (3 L/jour minimum sans eau courante).
- L'aménagement des horaires et des pauses pour éviter les heures les plus chaudes.
- La conduite à tenir en cas de coup de chaleur, connue de tous.
- Le tout annexé au DUERP, daté, consulté avec le CSE, revu chaque année avant l'été.
Le principe
Le DUERP évalue, le plan canicule organise
Le DUERP recense le risque chaleur, unité de travail par unité de travail, et fixe son niveau de gravité. Le plan canicule prend le relais sur le terrain opérationnel : il décrit précisément ce que l'entreprise déclenche, quand, et qui en est responsable. Les deux documents se complètent.
Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 impose de prévoir les mesures à déclencher selon les niveaux de vigilance Météo-France. Un plan structuré, annexé au DUERP, est la manière la plus claire de répondre à cette obligation, et la plus facile à présenter en cas de contrôle.
Le modèle ci-dessous tient en huit volets. Reprenez-les, adaptez-les à votre activité, supprimez ce qui ne vous concerne pas, complétez avec vos spécificités. L'objectif n'est pas un document parfait, mais un document réel, daté et applicable.
Le modèle
Plan canicule en huit volets
Identification et rôles
Qui pilote le plan, qui surveille, qui alerte.
- Référent canicule désigné pour la période estivale (nom, fonction, coordonnées).
- Suppléant en cas d'absence du référent.
- Liste des postes et unités de travail exposés à la chaleur.
- Liste des travailleurs vulnérables identifiés (avec leur accord, dans le respect du secret médical).
Veille météo et déclenchement
Comment l'entreprise sait qu'il faut agir, et qui décide.
- Source de veille : carte de vigilance Météo-France consultée chaque matin en période estivale.
- Niveau jaune : activation des mesures de base (eau, rappel des consignes).
- Niveau orange : activation des mesures renforcées (horaires, pauses, allégement).
- Niveau rouge : réunion de décision sur la poursuite ou la suspension de l'activité.
Hydratation
L'eau, première mesure de sécurité, pas un confort.
- Eau potable et fraîche disponible en permanence à chaque poste.
- Au moins trois litres par jour et par travailleur lorsque l'eau courante est impossible (chantier, déplacement).
- Points d'eau et glacières approvisionnés matin et midi.
- Rappel régulier de boire, même sans sensation de soif.
Aménagement des horaires
Décaler le travail hors des heures les plus chaudes.
- Démarrage anticipé le matin (par exemple 5h30-6h) en vigilance orange et rouge.
- Suspension des tâches physiques intenses entre 12h et 16h.
- Report des tâches non urgentes aux jours moins chauds.
- Rotation des équipes entre postes exposés et postes abrités.
Pauses et zones de repos
Récupérer à l'ombre, au frais, régulièrement.
- Pauses plus fréquentes et plus longues en cas de forte chaleur.
- Zone de repos ombragée ou climatisée, équipée en eau.
- Brumisateurs, ventilateurs ou points de rafraîchissement à disposition.
- Pause systématique au moindre signe de malaise.
Équipements et environnement
Réduire l'exposition à la source.
- Ombrières, pare-soleil, occultation des surfaces vitrées exposées.
- Vêtements de travail adaptés (légers, respirants, couvrants contre le soleil).
- Réduction du rayonnement et de l'accumulation de chaleur dans les locaux.
- Vérification du bon fonctionnement de la climatisation et de la ventilation.
Conduite à tenir en cas de malaise
Reconnaître le coup de chaleur et réagir vite.
- Signes d'alerte : maux de tête, nausées, vertiges, crampes, arrêt de la transpiration, confusion.
- Gestes immédiats : mettre à l'ombre, rafraîchir, faire boire si la personne est consciente.
- Alerte des secours (15 ou 112) en cas de signe grave, sans attendre.
- Numéros d'urgence et adresse du chantier affichés et connus de tous.
Information et formation
Un plan que personne ne connaît ne sert à rien.
- Briefing en début de journée à risque (météo prévue, consignes, gestes d'urgence).
- Affichage du plan canicule dans les locaux et sur les chantiers.
- Formation aux gestes de premiers secours du référent et d'au moins un salarié par équipe.
- Vigilance renforcée sur les nouveaux arrivants et intérimaires non acclimatés.
Adapter à votre métier
Trois exemples de personnalisation
BTP et travaux publics
Priorité aux horaires décalés (démarrage à l'aube), à l'ombrage mobile sur chantier, à la glacière approvisionnée. Le coulage du béton et les tâches lourdes se planifient avant 11h. Voir le modèle DUERP BTP.
Boulangerie et restauration
Le poste chaud (fournil, cuisine) cumule chaleur ambiante permanente et canicule. Priorité à la ventilation, à la rotation des postes près des fours, à l'hydratation renforcée. Voir le modèle DUERP boulangerie.
Agriculture et paysagisme
Travail en plein soleil, souvent isolé. Priorité au décalage horaire, au travail à l'ombre quand c'est possible, au contact régulier en cas de travail isolé, à l'eau embarquée. Voir le modèle DUERP agriculture.
À éviter
Trois erreurs qui rendent un plan inutile
Le plan jamais communiqué. Un plan rangé dans un classeur que personne n'a lu ne protège ni les salariés ni l'employeur. Le briefing du matin et l'affichage sont aussi importants que le contenu.
Le plan générique copié-collé. Un plan qui ne mentionne ni vos postes réels, ni vos horaires, ni vos zones de repos sonne faux en contrôle. Adaptez chaque volet à votre activité.
Le plan oublié l'année suivante. Un plan daté de l'été précédent, sans révision, perd sa valeur. Reprenez-le chaque printemps, ajustez-le selon le retour d'expérience, redatez-le.
Le risque chaleur déjà intégré à votre DUERP
Le plan canicule s'annexe à un DUERP qui doit lui-même évaluer le risque chaleur. DUERP Gestion propose, pour les secteurs exposés, des unités de travail pré-remplies qui incluent le risque chaleur avec des mesures cohérentes au décret 2025-482. Vous éditez ce qui vous concerne, vous validez, vous recevez le PDF par email.
Vous repartez avec un DUERP daté, structuré, auquel annexer votre plan canicule personnalisé à partir du modèle de cette page. Service exceptionnellement gratuit (au lieu de 39 €), sans inscription.
Questions fréquentes
Plan canicule : ce qu'on nous demande
Les questions des dirigeants sur la formalisation du plan canicule et son lien avec le DUERP.
Un plan canicule est-il obligatoire ?
Le décret du 27 mai 2025 n'impose pas un document nommé « plan canicule », mais il impose d'évaluer le risque chaleur et de prévoir les mesures déclenchées selon les niveaux de vigilance Météo-France, le tout intégré au DUERP. Un plan canicule structuré est la façon la plus simple de formaliser ces obligations et de pouvoir les présenter en cas de contrôle.
Où doit figurer le plan canicule : dans le DUERP ou à côté ?
Les deux sont possibles. Le plus simple est de l'annexer au DUERP, qui reste le document de référence sur les risques. Le DUERP évalue le risque chaleur par unité de travail, et le plan canicule détaille les mesures opérationnelles à déclencher. Annexer le plan au DUERP garantit la cohérence et facilite la présentation à l'inspection.
Faut-il un plan canicule même en bureau climatisé ?
Oui, dans une version allégée. Une panne de climatisation, des fenêtres exposées au soleil, un déplacement extérieur ou une livraison suffisent à exposer des salariés de bureau. Le plan peut être bref, mais il doit exister et prévoir au minimum l'accès à l'eau, la conduite à tenir en cas de panne de climatisation et les signes d'alerte du coup de chaleur.
Le CSE doit-il être consulté sur le plan canicule ?
Oui dès que l'entreprise a un CSE. Le plan canicule fait partie des mesures de prévention liées au DUERP, sur lesquelles le CSE est consulté. Associer le CSE à sa rédaction renforce sa pertinence et sa légitimité, et protège l'employeur en cas de contentieux.
À quelle fréquence mettre à jour le plan canicule ?
Au moins une fois par an, avant la saison estivale, en même temps que la révision du DUERP. Une mise à jour est aussi nécessaire après tout changement notable : nouveaux postes exposés, nouveaux locaux, retour d'expérience après un épisode de chaleur ou un incident. Datez chaque version.
Que risque l'entreprise sans plan ni mesures canicule ?
La méconnaissance du décret expose à une amende prévue par l'article L.4741-1 du Code du travail (jusqu'à 10 000 € par travailleur concerné). En cas de coup de chaleur grave, la responsabilité de l'employeur peut être recherchée au pénal et au civil, et l'absence de plan canicule au DUERP est un facteur d'aggravation de la faute inexcusable.
Sources
Références utilisées
- Légifrance · Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025
Obligations de prévention des risques liés à la chaleur, mesures à prévoir et à intégrer au DUERP.
- INRS · Travail à la chaleur
Mesures de prévention de référence, gestes face au coup de chaleur.
- Service-public.fr · Chaleur : obligations de l'employeur
Vulgarisation officielle des mesures attendues en cas de forte chaleur.
- Code du travail · Article R.4225-2
Mise à disposition d'eau potable et fraîche, plancher de 3 L/jour sans eau courante.
- Code du travail · Article L.4741-1
Sanction en cas de méconnaissance des décrets en Conseil d'État (10 000 €/travailleur).
Dernière vérification des références : 9 juin 2026. Ce modèle est un support indicatif à adapter à votre activité réelle ; il ne se substitue pas à l'évaluation des risques propre à votre entreprise.
Un DUERP prêt à recevoir votre plan canicule
Risque chaleur déjà intégré pour les secteurs exposés, document structuré reçu par email. Exceptionnellement gratuit (au lieu de 39 €), sans inscription.