DUERP : tous les combien de temps faut-il le reprendre ?
La réponse tient en deux temps. Un rythme annuel au-dessus de onze salariés, et trois déclencheurs qui valent pour tout le monde, quel que soit l'effectif. Le seuil change la périodicité, jamais l'obligation.
Méthode · Publié le 22 septembre 2026 · 6 min de lecture
La fréquence en bref
- Au moins une fois par an à partir de onze salariés (article R.4121-2).
- En dessous de onze, pas de rythme annuel imposé, mais les déclencheurs s'appliquent.
- Premier déclencheur : tout aménagement important des conditions de travail.
- Deuxième : toute information nouvelle intéressant l'évaluation d'un risque.
- Troisième : un accident du travail ou une maladie professionnelle déclarée.
- Mettre à jour ne veut pas dire tout réécrire : on reprend les unités concernées et on date.
Un seuil qui change le rythme, pas l'obligation
Onze salariés et plus
Chaque année
Mise à jour au moins annuelle, à laquelle s'ajoutent les déclencheurs événementiels.
Moins de onze salariés
À l'événement
Pas de rythme annuel imposé, mais une révision due à chaque déclencheur.
Cette architecture figure à l'article R.4121-2 du Code du travail. Le seuil de onze salariés a été introduit pour alléger la charge des très petites structures, à la suite de la loi santé au travail du 2 août 2021. Il porte uniquement sur la périodicité.
Beaucoup d'employeurs en tirent une conclusion excessive : sous onze salariés, il n'y aurait plus rien à faire. C'est inexact. Un document qui décrit une organisation disparue ne remplit plus sa fonction, et son ancienneté se retourne contre l'employeur en cas d'accident.
Trois situations qui imposent la révision
Chacun de ces événements fait l'objet d'un article dédié sur le site, du changement de locaux au DUERP après un accident du travail. Le point commun de toutes ces situations : elles modifient ce que vos salariés vivent réellement au poste.
Ne confondez pas mise à jour et conservation. Reprendre le document chaque année est une chose ; garder les versions antérieures en est une autre, imposée par l'article L.4121-3-1. Une maladie professionnelle peut se déclarer des décennies après l'exposition, et seules vos archives permettront alors de dire ce qui était connu à l'époque.
Une révision annuelle ne prend pas une journée
La croyance qui bloque le plus d'entreprises est celle du chantier annuel. Elle vient d'une mauvaise habitude : repartir du fichier vierge à chaque fois, au lieu de reprendre l'existant.
Une révision bien menée se déroule en trois temps. Relire les unités de travail pour vérifier qu'elles correspondent encore à l'organisation. Passer en revue ce qui a changé depuis la dernière version : matériel, effectif, locaux, incidents. Ajuster les cotations concernées, puis dater. Pour le détail de cette séquence, voir notre article mettre à jour son DUERP.
Une nouvelle version datée en quelques minutes
DUERP Gestion part de votre secteur et de vos unités de travail : vous reprenez les postes concernés, vous ajustez ce qui a bougé, vous validez, et vous recevez une version datée par email. La date est ce qui prouve que le document vit. Service exceptionnellement gratuit (au lieu de 39 €), sans inscription.
Fréquence du DUERP : ce qu'on nous demande
Les questions des employeurs sur le rythme de mise à jour.
Tous les combien de temps faut-il refaire son DUERP ?
Au moins une fois par an dans les entreprises d'au moins onze salariés. En dessous de ce seuil, l'obligation annuelle ne s'applique pas, mais la mise à jour reste due lors de tout aménagement important et de toute information nouvelle intéressant l'évaluation d'un risque (article R.4121-2).
Une TPE de cinq salariés est-elle vraiment dispensée ?
Dispensée du rythme annuel, pas de la mise à jour. La nuance compte : un DUERP de cinq ans qui décrit une organisation disparue est considéré comme défaillant, seuil ou pas. En pratique, une revue annuelle reste la façon la plus simple de ne pas laisser le document se périmer.
Qu'est-ce qu'un aménagement important ?
Tout changement qui modifie les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail : nouveau local, nouvelle machine, nouveau produit, réorganisation des horaires, création d'un poste. Le déménagement en est l'exemple type, et il revient très souvent dans les situations de contrôle.
Un accident du travail oblige-t-il à mettre à jour ?
Il constitue une information nouvelle au sens du texte, donc oui. Un accident révèle soit un risque non identifié, soit une mesure inefficace : dans les deux cas, l'évaluation du poste concerné doit être reprise. La même logique vaut pour une maladie professionnelle déclarée.
Mettre à jour signifie-t-il tout réécrire ?
Non, et c'est une confusion coûteuse. Vous reprenez les unités de travail concernées, vous ajustez ce qui a changé, vous datez une nouvelle version. Le reste du document demeure. Repartir de zéro chaque année décourage, et c'est précisément ce qui fait abandonner la démarche.
Faut-il garder les versions précédentes ?
Oui, sans exception. L'article L.4121-3-1 impose de conserver les versions successives du document, tenues à la disposition des travailleurs et des anciens travailleurs. Cette trace est ce qui permet de reconstituer une exposition ancienne, parfois des décennies plus tard.
Références utilisées
- Code du travail · Article R.4121-2
Mise à jour annuelle au-delà de onze salariés, aménagement important et information nouvelle.
- Code du travail · Article R.4121-1
Obligation de transcrire les résultats de l'évaluation des risques.
- Code du travail · Article L.4121-3-1
Conservation des versions successives du document unique.
- INRS · Évaluation des risques professionnels
Caractère continu de la démarche d'évaluation et occasions de la réviser.
Dernière vérification des références : 22 septembre 2026. Le seuil de onze salariés porte sur la périodicité annuelle ; il ne dispense d'aucune des autres obligations attachées au document unique.
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