Comment rédiger un DUERP en 7 étapes (méthode INRS)
Savoir comment rédiger un DUERP devient simple quand on suit une démarche ordonnée. Voici les 7 étapes inspirées de la méthode INRS, de la préparation au suivi.
Les 7 étapes
Le parcours complet, d'un coup d'œil
- 1Préparer la démarche d'évaluationFixer le périmètre, désigner qui pilote, associer les salariés qui connaissent le terrain.
- 2Découper l'entreprise en unités de travailRegrouper les postes qui exposent aux mêmes risques. C'est le squelette du document.
- 3Identifier les dangers, unité par unitéPasser chaque unité au crible des familles de risques de l'INRS, sans en oublier.
- 4Estimer et hiérarchiser chaque risqueCroiser gravité et fréquence pour obtenir la criticité et classer les priorités.
- 5Choisir les mesures avec les 9 principesAppliquer les principes généraux de prévention de l'article L.4121-2, du plus efficace au moins.
- 6Formaliser le DUERP et le plan d'actionsTranscrire l'évaluation par écrit et lui associer un plan d'actions daté et suivi.
- 7Diffuser, conserver et mettre à jourMettre le document à disposition, le conserver, le réviser à chaque changement notable.
Avant de commencer
Rédiger ou évaluer ? La nuance qui structure tout
Deux choses se cachent derrière le DUERP. Il y a l'évaluation des risques, c'est-à-dire la démarche qui consiste à observer le travail réel et à repérer ce qui peut blesser ou rendre malade vos salariés. Et il y a le document, qui en garde la trace écrite.
L'article L.4121-3 du Code du travail met l'évaluation à votre charge. L'article R.4121-1 impose d'en transcrire les résultats dans le Document Unique. Rédiger un DUERP, c'est donc mener l'évaluation, puis la mettre noir sur blanc.
La méthode de l'INRS organise cette démarche en étapes claires. Elle reste une aide, pas une contrainte : aucune méthode n'est imposée par la loi. Les sept étapes ci-dessous reprennent cette logique, de la préparation jusqu'au suivi dans le temps. Pour la version express, notre article faire un DUERP en 5 étapes condense l'essentiel.
Étape 1
Préparer la démarche d'évaluation
On saute souvent cette étape. C'est une erreur, car une évaluation préparée va deux fois plus vite. Avant d'ouvrir le moindre tableau, posez trois choses : le périmètre à couvrir, la personne qui pilote, et la façon d'associer les salariés.
Le périmètre, c'est l'ensemble des lieux et activités de l'entreprise, y compris les sites distants et le travail en déplacement. Le pilote, c'est vous ou un salarié que vous désignez. Quant aux salariés, ils connaissent les gestes réels mieux que personne : leur avis fait gagner en justesse sur les risques quotidiens.
À caler avant de démarrer
- Le périmètre : tous les sites, postes et déplacements concernés.
- Le pilote : qui mène l'évaluation et tient le document à jour.
- Les contributeurs : les salariés consultés sur leur poste réel.
- Les sources : fiches de poste, registre des accidents, fiches de données de sécurité.
Étape 2
Découper l'entreprise en unités de travail
L'unité de travail est la brique de base du DUERP. Elle regroupe les postes exposés à des risques semblables. Deux erreurs reviennent : tout fondre dans une seule unité « entreprise », ou créer une unité par salarié. Ni l'un ni l'autre ne reflète le terrain.
Le bon repère, c'est l'activité réelle. Des personnes qui font le même travail, au même endroit, avec les mêmes dangers, relèvent d'une seule unité. Dès que les risques changent nettement, on sépare.
Exemple : une boulangerie-pâtisserie
- Fournil : chaleur, farine en suspension, pétrin, manutention, travail de nuit.
- Boutique : station debout prolongée, encaissement, contact clientèle.
- Réserve et livraisons : port de charges, sols glissants, chambre froide.
Pas besoin de partir d'une feuille vierge. Un modèle sectoriel propose un découpage déjà éprouvé pour votre métier, que vous adaptez ensuite.
Étape 3
Identifier les dangers, unité par unité
Pour chaque unité, passez en revue ce qui peut causer un dommage. C'est là que la check-list rend service : sans liste de référence, on oublie des familles entières, le bruit ou la charge mentale en tête. L'INRS et le Document Unique s'appuient sur des grandes familles de risques qui couvrent la plupart des situations.
Prenez un salon de coiffure. L'observation honnête du poste fait remonter le risque chimique (colorations, décolorants), les troubles musculo-squelettiques (bras levés, station debout), le risque biologique au bac, et la charge mentale liée au rythme et à la clientèle. Aucun de ces risques n'est spectaculaire, tous doivent figurer au DUERP.
Quelques familles à ne pas oublier
Étape 4
Estimer et hiérarchiser chaque risque
La cotation sert à classer les priorités. La méthode la plus répandue croise deux échelles. La gravité mesure les conséquences si le risque se réalise. La fréquence mesure l'exposition de vos salariés. Quatre niveaux par axe suffisent pour une TPE.
Gravité
- 1 · Mineure : gêne ou blessure légère, soin sur place
- 2 · Modérée : blessure avec arrêt de travail court
- 3 · Grave : accident invalidant, arrêt long
- 4 · Très grave : conséquence mortelle ou irréversible
Fréquence
- 1 · Rare : exposition une fois par an environ
- 2 · Occasionnelle : exposition mensuelle
- 3 · Fréquente : exposition hebdomadaire
- 4 · Permanente : exposition quotidienne ou continue
La criticité est le produit des deux, sur une échelle de 1 à 16. Plus le score grimpe, plus le risque remonte en tête du plan d'actions. C'est le calcul que DUERP Gestion applique automatiquement à chaque risque saisi. Pour construire et lire la matrice en détail, voir notre guide dédié à la cotation des risques.
1 à 3
Faible
4 à 6
Modéré
7 à 9
Important
10 à 16
Critique
Le calcul oriente, il ne tranche pas. Un risque de gravité maximale, même rare, mérite votre attention en priorité. La cotation hiérarchise, votre jugement décide.
Étape 5
Choisir les mesures avec les 9 principes de prévention
Une fois les risques classés, restent les mesures. C'est le cœur de la méthode, et c'est là que l'article L.4121-2 du Code du travail donne le mode d'emploi. Ses neuf principes généraux de prévention se lisent comme un ordre de priorité : on cherche d'abord à supprimer le risque, et l'équipement individuel n'arrive qu'en dernier recours.
- 1
Éviter les risques
Supprimer le danger quand c'est possible : retirer un produit, automatiser une tâche pénible.
- 2
Évaluer ceux qui restent
Pour tout risque qui ne peut être évité, mesurer son ampleur. C'est l'objet même du DUERP.
- 3
Combattre le risque à la source
Agir sur l'origine plutôt que sur les conséquences : capter les poussières là où elles naissent.
- 4
Adapter le travail à l'homme
Concevoir les postes, choisir les équipements et les méthodes pour réduire la pénibilité.
- 5
Tenir compte de l'évolution technique
Intégrer les solutions nouvelles, plus sûres, dès qu'elles deviennent accessibles.
- 6
Remplacer ce qui est dangereux
Substituer un produit, un procédé ou un matériel par une option moins dangereuse.
- 7
Planifier la prévention
Articuler technique, organisation et conditions de travail dans un ensemble cohérent.
- 8
Prioriser la protection collective
Une mesure qui protège tout le monde passe avant l'équipement individuel.
- 9
Donner les bonnes instructions
Former et informer les salariés sur les risques et les consignes de sécurité.
Concrètement, face à un solvant dangereux, on ne distribue pas des gants en premier. On regarde d'abord s'il existe un produit moins nocif (principe 6), puis si une ventilation capte les vapeurs à la source (principe 3), et seulement ensuite on complète par des EPI. La protection collective avant la protection individuelle : c'est le principe 8.
Étape 6
Formaliser le DUERP et le plan d'actions
Vient le moment d'écrire. Le Document Unique réunit, par unité de travail, l'inventaire des risques, leur criticité et les mesures retenues. À côté, chaque action de prévention reçoit un responsable nommé et une échéance. Sans ces deux mentions, un plan d'actions reste un vœu.
La forme du plan dépend de votre effectif. L'article L.4121-3-1, créé par la loi du 2 août 2021, impose un programme annuel de prévention (le PAPRIPACT) dans les entreprises d'au moins 50 salariés. En dessous, les actions sont consignées dans le DUERP et ses mises à jour, sans document séparé exigé.
Une ligne de plan d'actions bien formée
Risque : brûlure au four (criticité élevée). Mesure : installer une protection thermique et former au port des maniques longues. Responsable : le gérant. Échéance : avant fin du trimestre. Statut : à faire.
Étape 7
Diffuser, conserver et mettre à jour
Un DUERP rangé dans un tiroir ne protège personne. Il doit être tenu à disposition des personnes que liste l'article R.4121-4 : salariés, anciens salariés, médecin du travail, CSE, inspection du travail.
Sa mise à jour suit l'article R.4121-2 : au moins une fois par an dans les entreprises d'au moins onze salariés, lors de tout aménagement important, et dès qu'une information nouvelle sur un risque vous parvient. En dessous de onze salariés, la mise à jour annuelle systématique n'est plus imposée depuis le décret n° 2022-395 du 18 mars 2022, mais la révision à chaque changement notable demeure.
Chaque version se conserve. La loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 fixe une durée de quarante ans, alignée sur la latence de certaines maladies professionnelles. Datez chaque révision, même si rien n'a changé : c'est la trace dans le temps qui compte en cas de contrôle ou d'accident.
Les 7 étapes, déjà câblées dans l'outil
Suivre la méthode à la main fonctionne. Mais dès qu'il y a plusieurs unités, des risques qui se recoupent et une criticité à recalculer, le tableur devient vite pénible à tenir.
DUERP Gestion part de votre secteur. Le formulaire propose les unités de travail typiques, coche les risques associés selon les fiches de l'INRS, calcule la criticité au fil de la saisie et consolide le plan d'actions. Vous éditez ce qui vous concerne, vous validez, vous recevez le PDF structuré par email. Service exceptionnellement gratuit (au lieu de 39 €), sans inscription.
Questions fréquentes
Ce que les dirigeants demandent sur la méthode
Les questions qui reviennent quand on s'apprête à rédiger son DUERP selon la démarche INRS.
La méthode INRS est-elle obligatoire pour rédiger un DUERP ?
Non. Le Code du travail impose le résultat (un Document Unique transcrivant l'évaluation, article R.4121-1) mais aucune méthode précise. La démarche en étapes promue par l'INRS et l'outil OiRA sont des aides reconnues et gratuites, pas une obligation. Vous restez libre de votre méthode tant qu'elle permet d'identifier et de hiérarchiser les risques.
Quelle différence entre évaluer les risques et rédiger le DUERP ?
L'évaluation est la démarche : observer le travail réel, repérer les dangers, estimer les risques. Le DUERP est le document qui transcrit le résultat de cette démarche. L'article L.4121-3 met l'évaluation à la charge de l'employeur ; l'article R.4121-1 impose d'en garder une trace écrite. Rédiger le DUERP, c'est mettre l'évaluation noir sur blanc.
Que sont les 9 principes généraux de prévention ?
Ce sont les règles posées par l'article L.4121-2 du Code du travail pour choisir les mesures de prévention dans le bon ordre : éviter le risque, l'évaluer, le combattre à la source, adapter le travail, remplacer ce qui est dangereux, donner la priorité à la protection collective sur la protection individuelle, et former les salariés. Ils guident l'étape des mesures, après la cotation des risques.
Faut-il un plan d'actions séparé du DUERP ?
Tout dépend de l'effectif. L'article L.4121-3-1, créé par la loi du 2 août 2021, prévoit un programme annuel de prévention (le PAPRIPACT) dans les entreprises d'au moins 50 salariés. En dessous de ce seuil, les actions de prévention sont consignées dans le DUERP et ses mises à jour, sans document distinct exigé. Dans les deux cas, chaque action gagne à porter un responsable et une échéance.
Combien de temps faut-il pour rédiger un premier DUERP ?
Comptez une demi-journée à une journée pour une TPE qui part d'une page blanche, le temps de cartographier les unités et de coter chaque risque. En partant d'un modèle sectoriel déjà structuré, où les unités et les risques typiques sont proposés, on descend nettement en dessous. Le plus long reste l'observation honnête du travail réel, qui ne se délègue pas.
Sources
Références utilisées
- Article R.4121-1 du Code du travail
Transcription des résultats de l'évaluation des risques dans le Document Unique.
- Article L.4121-2 du Code du travail
Les neuf principes généraux de prévention qui guident le choix des mesures.
- Article L.4121-3 du Code du travail
Évaluation des risques à la charge de l'employeur, sans méthode imposée.
- Article L.4121-3-1 du Code du travail
Programme annuel de prévention (PAPRIPACT) dès 50 salariés, liste d'actions en dessous.
- Article R.4121-2 du Code du travail
Modalités de mise à jour du DUERP (annuelle dès onze salariés, changements notables).
- Service-public.fr : évaluation des risques professionnels
Vulgarisation officielle de la démarche employeur, mise à jour par l'État.
- INRS : démarche d'évaluation des risques et outil OiRA
Méthode d'évaluation, fiches métier et outils gratuits d'aide au DUERP par secteur.
Dernière vérification des références : 20 mai 2026. Le décret n° 2022-395 du 18 mars 2022, pris en application de la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021, a précisé les modalités de mise à jour et de conservation du Document Unique.
Passez de la méthode au document
Les 7 étapes guidées, un modèle sectoriel pré-rempli, la criticité calculée pour vous, le PDF reçu par email. Exceptionnellement gratuit (au lieu de 39 €), sans inscription.
Lire le guide complet du DUERP · La version express en 5 étapes